"On fait les trois-huit, j'en ai passé des nuits à ne pas dormir !" : des porte-parole des "gilets jaunes" nous racontent leur quotidien chahuté

Catherine Fournier
Les figures du mouvement ont été propulsées dans l'espace médiatique en quelques semaines. Nous avons interrogé neuf de ces porte-voix, et certains ont du mal à se faire à cette notoriété express, surtout lorsqu'elle s'accompagne de menaces.

Le bruit assourdissant des klaxons de poids lourds résonnent dans le téléphone. Julien Mure répond à l'appel des journalistes depuis un barrage organisé au niveau du péage de Loriol (Drôme) pour bloquer l'accès des camions à l'autoroute A7, ce lundi 3 décembre. Cet intérimaire de 34 ans est l'un des représentants des "gilets jaunes" dans le département. Depuis trois semaines, il participe nuit et jour à des blocages pour dénoncer la hausse des taxes sur les carburants et, plus globalement, l'augmentation du coût de la vie. "On fait les 3/8 , j'en ai passé des nuits à ne pas dormir !" lâche-t-il.

Julien Mure fait partie des figures du mouvement qui ont été propulsées dans l'espace médiatique en quelques semaines et ont vu leur vie bouleversée. Bien souvent, l'activité professionnelle a été mise entre parenthèses pour participer aux actions, les coordonner sur Facebook, animer des réunions et parler aux médias. "Je travaille dans le nucléaire, mais mon entreprise n'a pas renouvelé mon contrat, regrette le trentenaire, au chômage depuis deux semaines et demie. Ma femme continue à travailler, elle assure l'argent et moi je mène le combat."

"J'ai du mal à m'exprimer en public"

La fatigue commence à se faire sentir. "Hier soir, je me suis offert le luxe de rentrer dormir. Une petite nuit de sommeil et ça repart", glisse (...)

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