Les magasins Mim entre survie et sursis

Libération.fr
Une manifestation des salariés de Mim devant le tribunal de commerce de Bobigny, le 23 mars.

Une partie des salariés du groupe de distribution de vêtements, placé en liquidation, voudrait relancer l'entreprise sous forme de coopérative, mais le temps est compté. L'Etat est prêt à donner un coup de pouce financier.

Encore une minute, monsieur le bourreau. Les salariés de la chaîne de magasins de vêtements Mim tentent l’opération de la dernière chance pour sauver les 233 boutiques et les 1 078 emplois ­at­tachés à leur enseigne. Le 28 mars, le tribunal de commerce de Bobigny liquide partiellement l’entreprise, qui accuse une dette de 60 millions d’euros pour moins de 150 millions de chiffre d’affaires. Seuls 71 magasins et 287 emplois sont alors repris par un tandem formé par le groupe suisse Tally Weijl, associé au français Etam. Pour tous les autres, le couperet aurait dû tomber mercredi.

Entre-temps, plusieurs salariés, accompagnés du directeur des ressources humaines, se sont mis à plancher sur un projet de reprise de l’entreprise sous forme de société coopérative ouvrière (Scop). Un statut qui permet aux salariés d’être à la fois actionnaires et gestionnaires de leur outil de travail. «Nous avons travaillé sur un modèle économique. Une partie des salariés a dit banco et dans la foulée, nous avons pris rendez vos avec le ministère du Travail et celui des Finances», résume Michaël Gharbi, délégué Unsa de l’entreprise.

Lettre officielle

A Bercy, où l’on veut laisser toutes ses chances au dossier, un mail est expédié illico au tribunal de commerce pour lui demander de regarder avec bienveillance cette initiative de la dernière chance. Mais les magistrats commencent par faire la grimace. A tel point que le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, est obligé de se fendre d’une lettre officielle dans laquelle il indique que l’Etat est prêt à accorder un prêt de 5,6 millions d’euros à cette initiative. Une somme nécessaire pour amorcer le projet qui prévoit la reprise de 135 magasins sur 162 et 650 salariés sur les 791 que concerne la (...)

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