Madrid prolonge l'administration directe de la Catalogne

Le gouvernement espagnol a reconnu lundi les pouvoirs du président nouvellement élu de Catalogne Quim Torra mais refusé de valider la composition de l'exécutif régional, prolongeant de fait la tutelle de Madrid sur la région. /Photo prise le 21 mai 2018/REUTERS/Sergio Perez

MADRID (Reuters) - Le gouvernement espagnol a reconnu lundi les pouvoirs du président nouvellement élu de Catalogne Quim Torra mais refusé de valider la composition de l'exécutif régional, prolongeant de fait la tutelle de Madrid sur la région.

Quim Torra, élu lundi dernier à la présidence de la Généralité, a annoncé samedi la composition de son cabinet au sein duquel figurent quatre hommes en détention provisoire ou en exil à Bruxelles.

Le gouvernement de Mariano Rajoy, qui a placé la Catalogne sous tutelle après la proclamation d'indépendance du 27 octobre dernier, s'est indigné de la présence des personnalités en question, parlant d'une provocation.

En vertu de la législation d'urgence définissant les termes de la mise sous tutelle de la Catalogne, l'administration directe de la région ne sera levée qu'une fois formé et validé l'exécutif local.

Lors d'un discours en Galice, Mariano Rajoy a dit espérer lundi que la Catalogne présenterait rapidement un gouvernement "viable, qui obéit à la loi et qui engage le dialogue avec nous, un gouvernement qui oeuvrera au rétablissement de la normalité politique et institutionnelle dans notre pays".

Mariano Rajoy a évoqué samedi la situation avec Pedro Sanchez et Albert Rivera, chefs de file respectifs du Parti socialiste et de Ciudadanos (Citoyens, centre).

"Nous, partis qui soutenons la Constitution, devons accepter la réalité et appliquer la Constitution ensemble", a déclaré Albert Rivera dans une interview télévisée lundi. "Nous avons besoin de paix et de stabilité en Catalogne pour son économie et pour l'harmonie sociale."


(Sonya Dowsett; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)