"Made in Bangladesh" : dans l'enfer de l'industrie textile, une femme résiste

Derrière les étiquettes des vêtements, bien souvent, ce sont des vies entières et des scandales effroyables qui se cachent, se jouent. Dans son beau film Made in ­Bangladesh, inspiré de faits réels, c'est à ce voyage malaisé que nous invite la cinéaste bangladaise Rubaiyat Hossain. Sa caméra nous plonge sans délai dans l'ambiance stricte et concentrée d'un vaste atelier de production textile à Dacca, capitale du ­Bangladesh. Son héroïne, Shimu, a 23 ans et une conscience aiguë de son emploi. Son mari est au chômage, son maigre salaire suffit à peine. Confrontée à des conditions de travail très incertaines, elle passe ses journées à coudre dans les bâtiments peu sûrs d'usines ­immenses où la bonne cadence de chaque petite main est dûment évaluée.

Une bataille au nom de la dignité

 

Un cauchemar bien réel qui ­rappelle celui qui a coûté la vie à 1.127 ouvriers à Dacca justement, en 2013 lors de l'effondrement du tristement célèbre Rana Plaza, un bâtiment fissuré de partout qui abritait des dizaines d'ateliers de confection sous-traitant des grandes marques internationales. Au Bangladesh, où les salaires sont parmi les plus bas au monde, les femmes ­représentent 85% de la force de travail du milieu textile.

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Ce ne sont pas des victimes, ce sont des moteurs du changement

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Chronique attendue d'une oppression scandaleuse, ce film a malgré tout le bon goût d'éviter de nous raconter une histoire déjà connue qui ne serait que fatalité, et même de surprendre au fil d'images riches en co...


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