Si Madame Le Pen n'a rien à se reprocher, qu'elle laisse la justice faire son travail

Elsa Di Méo
Si Madame Le Pen n'a rien à se reprocher, qu'elle laisse la justice faire son travail. REUTERS/Stephane Mahe

Madame Le Pen a fait savoir à plusieurs reprises qu'elle opposerait une fin de non-recevoir aux convocations de la police et de la justice jusqu'aux élections législatives des 11 et 18 juin prochains. Faut-il lui rappeler qu'aucun responsable politique ne peut refuser, s'il est républicain, de déférer à ces convocations et qu'il ne lui revient pas de fixer le calendrier judiciaire?

Comme Jean-Marie Le Pen avant elle, sa fille s'abrite derrière son immunité parlementaire pour ne pas se rendre devant des policiers ou des magistrats. Aurait-elle quelque chose à se reprocher? Sinon pourquoi n'apporte-t-elle pas, dès aujourd'hui, les preuves de son innocence afin d'être lavée de tout soupçon?

Madame Le Pen indique dans son programme vouloir une "réponse pénale ferme et rapide". Pourquoi ne commence-t-elle par se l'appliquer à elle-même, par exemple en ne retardant pas plus avant le travail des policiers et des magistrats? On ne peut vouloir la justice lorsqu'elle vous est favorable et demander qu'elle cesse son travail dès qu'elle vous met en difficulté. Il n'y a pas en France de justice aux ordres, n'en déplaise à la cheffe du Front National.

Madame Le Pen voudrait que la justice se mette au repos durant la campagne électorale, qu'on la laisse tranquille. Ce qui vaut pour elle valant pour tout citoyen, la candidate du Front national en vient donc à demander que les délinquants soient exonérés de toutes poursuites au moins jusqu'au mois de juin.

En définitive, Madame Le Pen ne cherche-t-elle pas à contourner la justice en lui opposant l'extrême onction du suffrage universel ? Un micmac institutionnel digne des bonnes vieilles ficelles du milliardaire italien Sylvio Berlusconi quand il s'ingéniait à retarder le dénouement des multiples affaires qui le rattrapaient.

Pourquoi Madame Le Pen a-t-elle sinon jugé nécessaire, à Nantes, de menacer les fonctionnaires et en particulier les magistrats? Concourir à la magistrature suprême en menaçant les magistrats n'est pas...

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