Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678

Dans le paysage littéraire du XVIIe siècle, La Princesse de Clèves apparaît comme une forme inédite étonnamment moderne. Ce court roman historique se démarque en effet du roman baroque, en vogue à l’époque, qui met en scène des aventures rocambolesques sur des milliers de pages. Avec ce récit, Mme de La Fayette propose aux lecteurs contemporains le tableau d’une cour qui leur est familière et une analyse psychologique approfondie.L’oeuvre d’une femmeUne femme de lettres

Mme de La Fayette est une autrice essentielle de notre littérature. Elle incarne une exigence intellectuelle, une culture et un parcours littéraire hors du commun. Précieuse, très liée avec de grands esprits de son temps tels Gilles Ménage, François de La Rochefoucauld ou Mme de Sévigné, Mme de La Fayette est également une femme indépendante. Elle a su faire fructifier la fortune de son mari, mise à mal au moment de leur mariage, a délaissé l’Auvergne et son époux pour vivre à Paris et fréquenter les Salons les plus en vue- comme ceux de Mlle de Scudéry ou de Mme du Plessis-Guénégaud. Elle a consacré sa vie à se former et s’enrichir intellectuellement: elle apprend le latin, l’italien, la poésie et cultive son bel esprit, ce qui lui vaut d’être présentée comme une «précieuse du plus haut rang et de la plus haute volée» dans leDictionnaire des Précieuses.

Autrice de La Princesse de Montpensier en 1662, de La Princesse de Clèves en 1678 et de La Comtesse de Tende en 1718, elle s’affirme comme une écrivaine incontournable bien qu’elle ne signe pas ses œuvres.

Les raisons de l’anonymat

Cet anonymat peut nous surprendre aujourd’hui mais il s’explique au XVIIe siècle. Seul un portrait très court de son amie la marquise de Sévigné fut signé dans le recueil Divers Portraits en 1659. En effet, une femme de qualité ne doit pas exposer son nom ni chercher à gagner de l’argent avec sa plume. Il serait malséant de publier car la littérature doit rester un loisir. En outre, la mise en scène de passions amoureuses (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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