Madagascar: les trafics et menaces mettent en péril la forêt de Vohibola

Les coupes illicites de bois, les feux de forêt et le braconnage de lémuriens sont en recrudescence dans la forêt de Vohibola, alertent la société civile et l'association de villageois qui cogèrent cette aire protégée avec la direction régionale de l'environnement.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Cette petite forêt humide, sanctuaire de faune et de flore endémiques de la Grande Île, est l'une des dernières forêts primaires de l'est du pays. Ici, l'impunité dont bénéficie les trafiquants menace la sécurité des villageois qui veulent protéger cette forêt. Et depuis l'arrestation d'un braconnier en avril dernier, les intimidations et les menaces des trafiquants se multiplient, fait savoir Angélique Decampe, présidente de Razan'ny Vohibola. L'association, qui regroupe quelque 3 000 habitants des quatre villages situés aux alentours de la forêt, est chargée de gérer et protéger cette réserve naturelle depuis 2017, notamment en faisant des patrouilles quotidiennes.

« On vit là et on les affronte (les trafiquants, ndlr). Tous les membres de l'association, nous sommes tous menacés de mort actuellement. Le 24 avril, la ministre de l'Environnement a envoyé des gendarmes pour nous aider à arrêter le braconnage. On a pu saisir 1 200 sacs de charbons, sept bateaux avec du bois de forêt dedans et on a pu arrêter un des braconniers grâce à cette intervention », raconte Mme Decampe.

« D'ici deux ans, il n'y aura plus de forêt »


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