Madagascar: suite à la fusillade d'Ikongo, l'opposition dénonce un «terrorisme d'État»

À Madagascar, la fusillade d’Ikongo commence à faire réagir publiquement, surtout du côté politique. L'ancien président Marc Ravalomanana a dénoncé le massacre et ce qu'il signifie selon lui de « terrorisme d'État ». Le ministre de la Défense et des renforts de la gendarmerie sont eux toujours présents dans la ville.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laure Verneau

Marc Ravalomanana, ancien chef d’État et principal leader de l’opposition, a réagi mardi soir au drame d’Ikongo. Lors d’une intervention télévisée, il a dénoncé une crise et un « terrorisme d’État ». Selon lui, la fusillade montre la perte de confiance de la population envers les gouvernants et la justice. « Je parle de terrorisme d’État car ce sont les gendarmes et les forces de l’ordre qui ont tiré sur la population. Ils doivent protéger les gens et non pas leur tirer dessus. Ce n’est pas leur rôle. Je suis très choqué », déclare-t-il, joint par téléphone.

Du côté de la société civile, il n’y a pas encore de réaction officielle. « C’est un sujet compliqué, explique le représentant d’une organisation qui préfère rester anonyme. Albinisme, lynchage… Ce fait divers mêle trop de problématiques et cristallise un système en faillite, qui ne vient à la rescousse que lorsque l’explosion a déjà eu lieu. Ça montre que les gens ne croient pas en l’État. Pour la société civile, prendre parti pour les gendarmes ou la population ce serait quelque part soit justifier la tuerie, soit justifier la violence envers l’État. Difficilement tenable comme position. »


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