Madagascar: des rumeurs de pénurie d'essence aboutissent... à une pénurie d'essence

Pénurie d’essence dans de nombreuses stations service de la capitale, Antananarivo, et d’autres grandes villes du pays. Depuis dimanche soir, les automobilistes font le tour de la ville dans l’espoir de trouver quelques litres de carburant. Une rupture due à des rumeurs de pénuries qui se sont propagées pendant le week-end et qui ont provoqué une ruée des automobilistes vers stations service indique l’Office malgache des hydrocarbures.

Des stations désertes, d’autres bondées. Ce sont les scènes aperçues dans les rues de la capitale. Tina, chauffeur de taxi, a parcouru toute la ville avant de trouver quelques litres d’essence.

« J’ai pu en acheter qu’une petite quantité et c’est pour ça que je suis coincée ici. J’ai un client qui m’attend, mais je n’ai pas assez d’essence pour aller le chercher. »

À trois kilomètres de là, un bidon d’un litre dans les mains, Andrianoelina, marche vers la station d’Antaninandro. D’un geste de la main, le pompiste lui indique qu’il n’y a plus d’essence. « Je ne sais plus où chercher parce que beaucoup de pompes sont à sec. Je suis allé dans les quartiers aux alentours, mais il n’y en a pas non plus. Je ne peux plus bouger et ça m’empêche de travailler. »

À Tamatave, Antsirabe et Tulear, les habitants ont eux aussi expliqué avoir des difficultés à s’approvisionner en essence. Une pénurie due à une surconsommation indique l’Office malgache des hydrocarbures.

Un réservoir d'un million de litres

Mi-septembre, dans une lettre adressée au ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, les pétroliers avaient évoqué la possibilité d’une perturbation dans l’approvisionnement de carburant dû à des arriérés de paiement de l’État malgache. « Nos situations de trésorerie ne nous permettent plus de supporter une aggravation de nos arriérés, sans qu’aucune mesure d’accompagnement soit mise en œuvre. À défaut, vous comprendrez aisément que nous ne serons malheureusement plus en mesure de dédouaner nos produits faute de moyens suffisants », indiquait la lettre des pétroliers.

Mais le Groupement des pétroliers de Madagascar lors d’un point presse hier lundi 21 a avancé le même argument que l’Office malgache des hydrocarbures, précisant que le retard de dix jours d’un navire de ravitaillement a pu être la cause de la ruée des consommateurs. « C’est effectivement le retard qu’il y a eu de dix jours qui a créé peut-être ce sentiment de crainte de rupture. Tout le monde se précipite et il y a trois fois plus de consommation que la normale », explique Benjamin Memmi est le directeur général de la société pétrolière Jovena.

Un retard dû aux tensions internationales autour des carburants déclarent les pétroliers. En attendant l’arrivée de ce bateau vendredi, le pays dispose d'un stock d'essence d’un million de litres et des camions en provenance de la ville portuaire de Tamatave sont en route, expliquent-ils.