Madagascar : le prix des denrées alimentaires de base en hausse

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A Madagascar, on assiste à une hausse des prix des produits de première nécessité. Depuis deux semaines, sur les marchés de la capitale, mais aussi en province, le kilo des différentes variétés de riz, une denrée qui constitue la base de l'alimentation des Malgaches, a augmenté de 200 à 400 ariary. Les prix de l'huile et du sucre connaissent, eux aussi, une augmentation. Une hausse qui inquiète les ménages malgaches déjà durement touchés par la crise économique et sociale provoquée par la pandémie de Covid-19.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Au marché d'Analakely, dans le centre de la capitale malgache, les clients scrutent les étals des différents épiciers, à la recherche du prix le moins cher. Jacqueline, femme au foyer vient d'acheter un sac de riz : « Je n'ai pas pu acheter toutes les courses que je voulais. J'ai diminué la quantité d'huile et de savon que j'achète d'habitude parce que là je n'ai plus assez d'argent. »

Manger moins

Diminuer les achats, et même manger moins, c'est ce que fait Beby, livreuse de courses à domicile : « Tout a augmenté. La vie devient insupportable parce que nous avons eu le coronavirus. Nos salaires ont été réduits de moitié. Maintenant il y a cette augmentation des prix. Comment allons-nous vivre ? A la maison, nous sommes cinq et le soir, nous ne cuisons que la moitié d'une timbale de riz. »

Face aux mécontentements des clients, les épiciers se justifient. Ils ne sont pas à l'origine de cette hausse, explique Sarah. Le litre d'huile importée qu'elle vend au marché a augmenté de 600 ariary en deux semaines : « Les prix ne devraient pas augmenter mais les grossistes spéculent. On a remarqué que certains cachent leurs produits alors qu'ils en ont beaucoup. Il y a des gens qui pensent que nous, les épiciers, on les vole. Mais nous dépendons du prix fixé par les grossistes. J'ai même arrêté de vendre certains produits, comme le papier hygiénique, parce que le prix augmente sans cesse et les clients râlent. Avant, nous avions une dizaine de clients qui faisaient des provisions pour le mois mais maintenant ils ne viennent plus. C'est très aléatoire. Ce n'est plus comme avant. Les gens achètent très peu. Le ministère du Commerce nous met la pression en disant "où sont vos prix ? votre prix a augmenté mais ça devrait être ce prix là" mais le problème vient d'ailleurs, des grossistes. Nous, on est obligés de prendre une marge pour vivre. C'est pour gagner de l'argent qu'on sort de chez nous tous les matins. »

La spéculation de certains opérateurs

Contacté, le ministère du Commerce et de l'industrie pointe aussi du doigt la spéculation de certains opérateurs et assure que des vérifications et des rappels à l'ordre concernant la rétention de stocks sont effectués. La dépréciation de la monnaie malgache, l'ariary, face à l'euro et au dollars contribue aussi à cette hausse des prix, indique encore le ministère.