Madagascar: des ONG demandent l'arrêt de l'acharnement judiciaire contre les lanceurs d'alerte

«Les lanceurs d'alerte ne sont pas des criminels.» A Madagascar, Amnesty International, Transparency International et le Centre de recherches et d’appui pour les alternatives de développement interpellent les autorités. Dans une déclaration conjointe, ces organisations réclament en particulier l'arrêt de l'acharnement judiciaire contre Jeannot Randriamanana, un enseignant qui avait dénoncé le détournement de l'aide humanitaire destinée à des sinistrés du cyclone Batsirai en début d'année.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Cette déclaration fait suite à l'arrêt de la Cour d'appel de Fianarantsoa qui confirme la condamnation du professeur de la ville de Mananjary. Deux ans de prison avec sursis pour « diffamation et humiliation de membres du Parlement et de fonctionnaires » et « usurpation d'identité. »

Une décision de justice qui « renforce la campagne de harcèlement et d'acharnement judiciaire visant les lanceurs d'alerte et les défenseurs des droits humains » dans la Grande Île, dénoncent ces organisations, qui réclament l'annulation de cet arrêt et l'abandon de toutes les charges qui pèsent sur l'enseignant.

« Depuis quelques années, il y a de plus en plus de cas similaires. On a comme l'impression que c'est devenu une pratique courante à Madagascar », fait remarquer Volahery Andriamanantenasoa,directrice des Programmes du CRAAD-OI, association signataire de cette déclaration commune et dont l'enseignant est membre. « Il a été condamné à titre de dissuasion. Il ne se sent plus du tout libre de ce qu'il doit dire parce qu'il y a cette menace qui plane au- dessus de sa tête », poursuit-elle.


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