Madagascar: la loi sur l’interruption thérapeutique de grossesse à nouveau écartée de l’Assemblée

À Madagascar, les défenseurs de l’interruption thérapeutique de grossesse ont essuyé un revers jeudi 2 novembre : le bureau permanent de l’Assemblée nationale a retiré le projet de loi de l’ordre du jour. Il n’y aura pas de débats ni de vote. Selon les rapporteurs, le texte serait « incompatible avec les valeurs malgaches ». Intenable aux yeux de ceux qui militent depuis des années pour permettre aux femmes d'avorter en cas de viol, d’inceste ou de risque médical. Les soutiens du projet de loi se sont exprimés face à la presse pour faire entendre leur colère.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

« Hypocrisie sans nom », « honte à nos politiciens » : sur les réseaux sociaux, les commentaires ont fusé suite à l’annonce d’écarter le projet de loi de l’Assemblée nationale. Le mot-clé #balancetachristine, du nom de la présidente de la Chambre basse, réputée pour être contre le texte, a même fait son apparition sur le net.

Pour Marie-Christina Kolo, à la tête du mouvement Women Break the Silence, qui défend le droit des victimes de viols et d’incestes, cette décision inattendue marque, selon elle, un mépris indescriptible envers les femmes qu’elle défend :

« Il faut discuter. C’est en séance plénière qu’on doit décider si cette loi-là n’est pas bonne pour l’État malagasy, ou pour la population. Or, là, le processus a été violé. Et désormais, c’est devenu une question politique, et non plus qu’une question de société. Parce que l’élection présidentielle arrive bientôt. »


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