Madagascar: l'heure du baccalauréat après une année scolaire perturbée par le Covid-19

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A Madagascar, ils sont un peu plus de 164.000 candidats à plancher sur l'épreuve de mathématiques du baccalauréat ce mardi matin. Les premières épreuves ont débuté hier lundi sur la Grande Ile en tentant de respecter les gestes barrières. Le pays a enregistré près de 17.000 cas de Covid-19, dont 238 décès. Le nombre de nouveaux contaminés est en baisse. L'état d'urgence sanitaire a d'ailleurs été levé par le président de la République dimanche. Mais lundi, lors des premières épreuves, l'épidémie de Covid-19 était dans les esprits de nombreux élèves.

avec notre correspondante à Madagascar, Laetitia Bezain

Au lycée Jean-Joseph Rabearivelo, l'un des centres d'examen de la capitale, des bidons lave-mains ont été installés au milieu de la cour. Il y a du gel hydro-alcoolique dans la salle, le port du masque est obligatoire et les élèves sont un par table au lieu de deux.

Des mesures qui ont déstabilisé Sitrakiniaivo, candidat en série littéraire. Il était présent dès 5h du matin. « C'était difficile de se concentrer avec le masque parce qu'il me faisait mal aux oreilles et ça m'étouffait aussi et quand tu l'enlèves un peu, le surveillant te dit de le remettre tout de suite », nous confie t-il.

Pour Rovasoa et Jean-Michel, c'est l'année scolaire perturbée par le confinement qui les inquiète. Les élèves de terminales ont vu leurs cours suspendus pendant plusieurs semaines avant une reprise partielle en matinée. « On n'a pas pu beaucoup s'entraîner. Nous n'avons même pas fait d'examen blanc. Et là, c'est directement le bac », regrette l'un. « Les mesures mises en place ne m'ont pas gêné. Ça m'a même aidé à me concentrer parce qu'on était seul à la table mais j'ai trouvé l'épreuve de philosophie très compliquée. J'étais stressé parce que le confinement a duré longtemps. On n'a pas pu continuer les cours et on s'est contenté de ce qu'on avait pour réviser », ajoute l'autre.

Nirina, 20 ans, révise en attendant l'épreuve d'anglais. « Pendant tout le confinement j'ai étudié seule à la maison. Nous avons été très perturbés parce qu'on ne savait pas quand allait se dérouler l'examen. J'avais peur qu'on sache la date qu'au dernier moment ou que ce soit carrément annulé. Là j'essaie de me concentrer et de ne pas penser au virus ».

Ces derniers jours, des sujets présentés comme des épreuves du bac et consultables en échange d'une somme d'argent ont circulé sur les réseaux sociaux. Des enseignants et candidats impliqués ont été arrêtés, indique la gendarmerie. Il s'agissait de faux sujets, précise t-elle.

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