Madagascar: inauguration en grande pompe du palais de la reine restauré

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A Madagascar, vingt-cinq ans après l'incendie qui a détruit une partie du Rova, l'enceinte du palais de la reine dans la capitale Antananarivo, le président de la République Andry Rajoelina a inauguré vendredi 6 novembre en grande pompe, devant un parterre d'invités prestigieux, l'ancien palais de la Reine restauré. La veille, Madagascar avait récupéré la couronne du dais de la dernière reine malgache Ranavalona III (1861-1917), joyau national restitué par la France.

Dans son allocution, le chef de l'Etat, vêtu de rouge, la couleur de l'ancienne royauté, a essentiellement parlé de la fierté nationale que représente cette réhabilitation du site. L'ancien palais de la Reine, perché sur les hauteurs

d'Antananarivo, avait brûlé en 1995. « Bien que des pays et des organisations nous aient tendu la main, nous avons préféré cotiser plus - en signe de souveraineté nationale comme le disaient les descendants de souverains – et ne pas demander de financements venant de l’extérieur : c’est notre propre argent qu’on a utilisé pour rebâtir et reconstruire cette infrastructure. Ce château est le témoin du passé, visage du présent mais surtout le reflet de l’avenir du pays. Ce château de Madagascar sera la fierté des Malgaches !...», a conclu le président malgache.

Une réhabilitation qui a suscité son lot de polémiques

Une douzaine d'association de la société civile se sont insurgées contre une partie de la rénovation du site qui inclut la construction d'un colisée dans l'enceinte du palais de la reine. D'une capacité de 400 places, il doit accueillir des représentations populaires et culturelles sur l'histoire du pays. Pour ces associations, cette arène de style romain n'a pas sa place à côté du palais, un lieu historique et sacré situé sur les hauteurs de la capitale.

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Une requête a été déposée pour suspendre les travaux auprès du tribunal le 4 novembre. Pour la société civile estime que ces travaux sont illégaux.

L'Unesco s'était aussi émue en début d'année de cette construction, faisant craindre pour le classement de la ville haute d'Antananarivo au Patrimoine mondial. Lors de son allocution vendredi, le président a évité d'évoquer ce « colisée » en cours de finition dans l'enceinte du palais, fermé vendredi aux invités.

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Restitution par la France de la couronne du dais

La veille, le gouvernement avait mis en avant la restitution par la France de la couronne du dais de la dernière reine malgache Ranavalona III (1861-1917). Cette pièce royale, qui ornait le sommet du trône de la reine, était exposée depuis 1910 au musée des Invalides à Paris.

La coiffe de zinc doré garnie de tissu ocre et grenat est désormais exposée dans le palais royal restauré et cette restitution ne passe pas auprès de certains élus en France. Des sénateurs dénoncent le fait que cette restitution se soit faite sans

qu’une loi ait été votée par le Parlement français. « La couronne de la reine de Madagascar est transférée à Madagascar sans qu'à aucun moment le Parlement n'ait été averti. Il s'agit de collections nationales, leur caractère inaliénable est dans la loi et tout transfert, tout retour de ces biens culturels vers leur pays d'origine doit donner lieu à une loi votée par le Parlement... Le chef de l'Etat décide, choisit dans les collections nationales en fonction des relations diplomatiques du moment, c'est le fait du prince ! » s'insurge Max Brisson, le vice-président à la commission des Affaires culturelles du Sénat (et membre du groupe Les Républicains), joint par Bineta Diagne, du service Afrique de RFI.