Madagascar: les gendarmes tirent sur une foule d’habitants faisant plusieurs morts et blessés

À Madagascar, une fusillade dans la petite ville d’Ikongo, au sud-est de l’île a fait au moins 19 morts, selon un bilan de la gendarmerie ce mardi matin. Les gendarmes ont tiré, ce lundi 29 août, sur la foule d’habitants qui réclamait la tête de quatre suspects, arrêtés dans une affaire de kidnapping d’un enfant albinos, survenue une semaine plus tôt.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laure Verneau.

Des habitants d'Ikongo se rendent devant la gendarmerie, lundi matin. La population de la petite ville du Sud-Est de Madagascar est sous le choc, depuis qu'un enfant albinos a disparu, une semaine plus tôt. Quatre personnes, soupçonnées d'être impliquées dans cette affaire, ont été arrêtées par les gendarmes. Les habitants en colère se rendent donc sur place, décidés à faire justice eux-mêmes. Ils demandent que les 4 suspects leur soient remis. Il est environ 11 heures lorsque des tirs se font entendre.

Selon un gendarme impliqué dans la fusillade, environ 500 personnes, munies d'armes blanches dont des machettes, ont essayé de rentrer de force dans la caserne pour s’emparer des suspects. Les tirs sont ainsi de la légitime défense, selon lui. « On n'a pas eu d'autre choix que de se défendre », indique la même source. Le gendarme précise que des négociations se sont tenues, mais sans succès. Il assure que les gendarmes ont ensuite lancé des fumigènes puis fait des tirs de sommation, avant de se résoudre à tirer pour se protéger.

Une enquête parlementaire ?

Le député de la localité, Jean-Brunelle Razafintsiandraofa dément quant à lui cette version et va demander une enquête parlementaire pour déterminer qui a donné l’ordre de tirer en premier.


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