Madagascar: contre les criquets, la prévention coûte moins cher que la réaction

À Madagascar, le « locusta migratoria », ce criquet endémique de l’île, qui se reproduit à une vitesse vertigineuse et qui aime se nourrir de plants de riz ou de maïs, se fait de plus en plus visible ces derniers mois dans certaines régions. Depuis octobre dernier, la lutte antiacridienne a redémarré, mobilisant d’importantes ressources humaines, au sol mais aussi dans les airs. Seulement, d’après les experts, plutôt que traiter le problème acridien, il vaudrait mieux le prévenir.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Depuis plusieurs semaines, au petit matin dans la région Menabe, l’hélicoptère réquisitionné pour la campagne de lutte antiacridienne tournoie à la recherche d’essaims. Quand il en trouve, il répand instantanément du chlorpyrifos (en ultra bas volume, 1L par hectare), un insecticide utilisé pour tuer les criquets.

À bord de l’appareil, Catherine Constant coordonne la campagne pour la FAO, l’agence onusienne spécialisée dans l’alimentation et l’agriculture. « Quand la FAO est appelée pour la lutte antiacridienne, c’est que le pays n’est plus en mesure de contrôler la situation acridienne seul. Donc oui, aujourd’hui, c’est une alerte parce qu’on n’est pas en invasion, mais à mon sens, c’est quand même une urgence parce que si on n’intervient pas, la situation se détériore et alors tous les ménages qui sont déjà en insécurité alimentaire vont en souffrir encore plus », explique-t-elle.

Pour l’instant, les récoltes n’ont subi que peu de pertes. La lutte intensive et ses épandages vont continuer jusqu’à juillet, date du début de l’hiver austral, et d’une période d’accalmie dans la reproduction de l’insecte.


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