Madagascar: la capitale face à l'explosion des migrations régionales

Confrontée aux défis d’une migration rurale en pleine expansion depuis cinq ans, Antananarivo n’a, en l’état actuel des choses, pas les ressources pour offrir aux nouveaux arrivants la vie décente tant espérée : la ville et ses banlieues n’ont pas été pensées pour soutenir cette urbanisation galopante et leurs désormais trois millions d’habitants. Et l’absence, le manque d’emplois, a entraîné une concentration de la pauvreté, plus criante que jamais.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Dans une rue passante du quartier de Behoririka, assise au pied de son abri fait de plastiques et de cartons, Claudia, 21 ans, enceinte et un enfant, raconte comment elle est arrivée là.

« Il n’y a pas de travail chez nous. On a une petite maison vers Fianarantsoa [à 400km au sud de la capitale, sur les Hauts-Plateaux, NDLR], mais on n’a pas de parcelle à cultiver. Alors, en 2017, je suis venue ici avec mes sœurs pour chercher de l’argent. Mais gagner sa vie tous les jours à Tana, c’est aussi difficile qu’à la campagne… Quand j’aurai épargné 80 000 ariary, alors je pourrai souffler un peu et ça me permettra de rentrer. »

80 000 ariary, moins de 20 euros. Comme elle, ils seraient plus d’un million à avoir rallié la capitale ces 10 dernières années, dans l’espoir de meilleures conditions de vie.

Des données qui, une fois compilées, devraient permettre d’ajuster les politiques de la ville pour une meilleure prise en compte de ses nouveaux habitants.


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