Macron a-t-il demandé à Belloubet de "se pencher" sur le dossier d'Adama Traoré?

Après plusieurs jours de silence, Emmanuel Macron s'est entretenu dimanche avec plusieurs membres du gouvernement pour "accélérer" sur la question des violences policières et du racisme. Selon des informations de l'AFP, le chef d'Etat aurait demandé à la garde des Sceaux de "se pencher sur le dossier de la mort en 2016 d'Adama Traoré". Une information démentie par le ministère de la Justice auprès de BFMTV, qui affirme qu'il lui a seulement été demandé de veiller "au bon fonctionnement de la justice".

"Je vous demande de respecter la séparation des pouvoirs"

Dans une dépêche publiée ce lundi, l'Agence France Presse déclare qu'Emmanuel Macron "a demandé à la garde des Sceaux Nicole Belloubet de se pencher sur le dossier du décès en 2016 d'Adama Traoré, un jeune noir de 24 ans, lors d'une arrestation."

Cette affirmation a rapidement fait réagir quant au respect de la séparation des pouvoirs. En effet, cette dernière doit garantir une stricte indépendance entre le pouvoir exécutif, c'est-à-dire le chef de l'Etat et le gouvernement, et le pouvoir judiciaire. Le premier ne peut intervenir dans le travail du second. Ainsi l'avocat de la famille d'Adama Traoré, Yassine Bouzrou, s'est adressé à Emmanuel Macron sur Twitter:

"Je vous demande de respecter la séparation des pouvoirs. La loi interdit à la garde des Sceaux d'intervenir dans des affaires individuelles", a rappelé le pénaliste sur Twitter.

"La ministre ne se mêle pas des affaires individuelles"

Interrogé par BFMTV, le ministère de la Justice assure que l'affaire d'Adama Traoré n'a pas été évoquée mais que "l'Elysée a demandé à la ministre de travailler sur le bon fonctionnement de la justice." Et d'ajouter:

"La ministre ne se mêle pas des affaires individuelles. Il n'est pas question de rentrer dans une procédure spécifique, ça appartient aux seuls magistrats."

Deux nouveaux témoins auditionnés en juillet

Adama Traoré est mort le 19 juillet 2016 dans la caserne des gendarmes de Persan, près de deux heures après son arrestation dans sa ville de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) et au terme d'une course-poursuite, après avoir échappé à une première interpellation. Quatre ans après, les avocats de de la famille et ceux des gendarmes s'écharpent sur le contenu des expertises judiciaires relatives à la mort du jeune homme.

Ce lundi, le parquet a confirmé que les juges d'instruction chargés de l'enquête vont entendre en juillet deux nouveaux témoins qu'ils n'ont encore jamais auditionnés jusqu'ici.


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Article original publié sur BFMTV.com