Macron se présente en champion de l'Europe à Berlin

Emmanuel Macron s'est présenté jeudi à Berlin en candidat le plus européen de l'élection présidentielle française et en défenseur du couple franco-allemand, lors d'une visite qui lui a permis de rencontrer la chancelière Angela Merkel. /Photo prise le 16 mars 2017/REUTERS/Fabrizio Bensch

BERLIN (Reuters) - Emmanuel Macron s'est présenté jeudi à Berlin en candidat le plus européen de l'élection présidentielle française et en défenseur du couple franco-allemand, lors d'une visite qui lui a permis de rencontrer la chancelière Angela Merkel.

Un rare privilège qu'elle n'avait accordé en 2012 qu'à Nicolas Sarkozy et, dans le cadre de l'actuelle campagne, au candidat de la droite, François Fillon, aujourd'hui en grande difficulté. Elle l'avait en revanche refusé à François Hollande.

L'ex-ministre de l'Economie s'est dit "très sensible à ce geste", d'autant plus remarqué qu'il est plutôt classé à gauche, même s'il prône un dépassement des clivages politiques.

"J'ai eu une interlocutrice qui a paru très ouverte à un couple franco-allemand encore plus fort", a-t-il déclaré à des journalistes à l'issue de l'entretien. "J'ai trouvé dans la chancelière une vraie volonté d'avancer."

"Il se fait que je suis aujourd'hui le seul candidat vraiment pro-européen et j'en suis fier", a-t-il déclaré plus tard, en marge d'une rencontre avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel.

Un brevet européen que ce social-démocrate membre du gouvernement de coalition de la chrétienne-démocrate Angela Merkel lui a accordé dans une brève déclaration à la presse.

"Nous ne voulons pas nous ingérer (dans la campagne présidentielle) mais j'ai une chose à dire : tu es (...) en France le seul candidat présidentiel avec une vision claire (...) pour l'Europe", a-t-il dit.

"L'Europe a besoin d'une France forte et d'un président avec une orientation européenne claire", a-t-il ajouté. "Un candidat à l'élection présidentielle française qui poursuit une démarche pro-européenne mérite certainement, et aura, notre soutien (...) L'Europe est l'objectif qui nous unit."

"LES RÉFORMES D'ABORD"

A l'issue du Conseil des ministres franco-allemand du 31 mars 2015 à Berlin, Emmanuel Macron, alors encore ministre de l'Economie, et Sigmar Gabriel avaient signé une déclaration commune sur l'intégration économique européenne.

Le projet économique du candidat d'En Marche ! s'inscrit dans les critères européens chers à Berlin en matière de maîtrise des déficits publics et d'endettement et propose une série de réformes structurelles.

Ces réformes "sont la condition de notre crédibilité sur le plan européen", en particulier auprès de l'Allemagne, a-t-il fait valoir le 2 mars lors de la présentation de son programme.

Il a réaffirmé à Berlin que le "coeur" de son "combat" était "un combat pour les réformes en France, pour une politique en faveur de l'innovation, de la croissance (...), de l'éducation".

Il souhaite notamment convaincre les partenaires de la France de mettre en place un budget et un ministre des Finances et de l'Economie de la zone euro, mais aussi de développer la coopération en matière de défense et de contrôle des frontières.

"Le projet européen, pour moi, vient dans la foulée de ces premières réformes, à partir de l'automne-hiver 2017", avait-il précisé le 2 mars. Une feuille de route qu'il a confirmée jeudi à Angela Merkel.

"Nous devons faire les réformes d'abord", a-t-il dit lors d'une conférence sur l'avenir de l'Europe avec Sigmar Gabriel et le philosophe Jürgen Habermas à la Hertie School of Governance.

(Michel Rose et Michelle Martin, avec Emmanuel Jarry à Paris, édité par Yves Clarisse)

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