Macron et Scholz tentent d'afficher l'unité franco-allemande retrouvée

Olaf Scholz et Emmanuel Macron à la Sorbonne, à Paris, le 22 janvier 2023 - Ludovic MARIN / AFP
Olaf Scholz et Emmanuel Macron à la Sorbonne, à Paris, le 22 janvier 2023 - Ludovic MARIN / AFP

Après l'étalage des différends, la tentative de relance: Emmanuel Macron reçoit Olaf Scholz dimanche à Paris pour afficher une certaine unité retrouvée, à l'occasion du 60e anniversaire solennel du traité de réconciliation entre l'Allemagne et la France. Après une cérémonie à la Sorbonne à 11h, le président français et le chancellier allemand réuniront à la mi-journée à l'Élysée un conseil des ministres franco-allemand.

En octobre, ce rendez-vous annuel avait dû être reporté en raison de dissensions sur une série de sujets-clés, de l'énergie à la défense. Résultat, la rencontre entre les deux premières puissances de l'Union européenne sera cette fois scrutée de près pour déceler leur degré d'entente.

Un appel à investir dans les armées européennes

La date des retrouvailles est hautement symbolique: soixante ans jour pour jour après la signature du Traité de l'Élysée par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, qui "a marqué la fin de décennies, si ce n'est de siècles, de rivalités féroces et de guerres sanglantes", écrivent les deux dirigeants dans une tribune publiée par le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung et le Journal du dimanche.

Alors que la guerre a fait son retour sur le continent depuis onze mois, Olaf Scholz et Emmanuel Macron ont affirmé leur volonté que "l'Europe devienne encore davantage souveraine", en investissant plus dans la défense et en se dotant "d'une stratégie de renforcement de la compétitivité industrielle européenne".

En matière de défense, si le Système de combat aérien futur (SCAF) a fait des progrès récemment, la défense antimissile reste une pierre d'achoppement: Berlin promeut un projet de bouclier comprenant une composante israélienne auquel veulent se joindre 14 pays européens, alors que Paris travaille sur son propre système, avec l'Italie, au nom de "l'autonomie stratégique" de l'Europe.

Les deux voisins doivent tenter de s'accorder sur les réformes européennes pour endiguer l'envolée des prix de l'énergie liée notamment à la guerre en Ukraine, et mettre en avant des projets communs en matière d'innovation. Un billet de train destiné à favoriser les voyages des jeunes entre les deux pays va par ailleurs être lancé.

Des chars lourds pour Kiev?

Les deux dirigeants pourraient aussi discuter de l'opportunité d'envoyer des chars lourds à Kiev - qui bute sur les réticences de Berlin à livrer ses tanks Leopard.

"Soyons à l'initiative", a lancé samedi sur Twitter le député du parti présidentiel français Benjamin Haddad, prônant l'envoi par la France d'un "nombre limité de chars Leclerc pour créer une dynamique".

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A l'Élysée comme à la chancellerie, on se refuse en tout cas à dramatiser la crise au sein du tandem. Une source diplomatique française relève que le gouvernement s'abstient désormais de parler de "couple" franco-allemand, un terme dans un registre trop affectif. "Ce n'est pas un amour romantique mais une vraie responsabilité politique", abonde-t-on de source diplomatique allemande.

C'est donc avec réalisme que les deux alliés abordent cette nouvelle phase, même si un parfum d'incompréhension flotte entre eux depuis qu'Olaf Scholz a succédé à Angela Merkel fin 2021, chacun s'agaçant des initiatives prises par l'autre sans consultation préalable.

Article original publié sur BFMTV.com