Macron se recueille devant le mémorial du génocide arménien à Paris

M.D.
·2 min de lecture
Emmanuel Macron participe, le 24 avril 2021 à Paris, à la Journée nationale de commémoration du génocide arménien de 1915. - Bertrand GUAY / AFP
Emmanuel Macron participe, le 24 avril 2021 à Paris, à la Journée nationale de commémoration du génocide arménien de 1915. - Bertrand GUAY / AFP

Le déplacement n'avait pas été annoncé à l'avance. Emmanuel Macron s'est rendu ce samedi midi devant un mémorial du génocide arménien au centre de Paris, pour "participer à un moment de recueillement" en ce 24 avril, devenu en 2019 Journée nationale de commémoration du génocide de 1915.

Arrivé place du Canada, où a été érigé en 2003 un monument en mémoire du génocide, il devait se recueillir aux côtés de la maire de Paris Anne Hidalgo, de l'ambassadrice d'Arménie Hasmik tolmajyan, ainsi que des co-présidents du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, Ara Toranian et Mourad Papazian.

"Empêcher le déni"

"Se souvenir du passé, en acceptant la vérité, rendre hommage aux morts et respecter la mémoire des vivants et notre devoir pour empêcher l'oubli, le déni, le mensonge", a écrit le chef de l'État français dans une lettre adressée à son homologue Arménien Armen Sarkissian et dont l'AFP a eu copie.

"Nous nous souvenons ensemble des effroyables souffrances d'un peuple martyr" et "la France et l'Arménie sont unis dans l'amitié et la fraternité", ajoute-t-il.

"Engagé à vos côtés dans l'Histoire, nous le sommes aussi pour l'avenir, à l'heure où votre pays vient de traverser un conflit si meurtrier dans une région où le sang a trop coulé", écrit Emmanuel Macron en allusion au récent conflit du Nagorny-Karabakh entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Il appelle à "construire une nouvelle page, celle de la paix de la prospérité et de la réconciliation".

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Un geste sur fond de tensions avec la Turquie

Son geste survient alors que dans la journée Joe Biden devrait devenir le premier président américain à reconnaître le génocide arménien, reconnu par une trentaine de pays mais vigoureusement contesté par la Turquie.

Il s'inscrit aussi sur fond de tensions entre la France et la Turquie, régulièrement accusée d'ingérence auprès des musulmans français. La loi contre le séparatisme islamiste voulue par Emmanuel Macron, qui veut notamment lutter contre les influences étrangères sur les musulmans français, a également suscité une violente réaction du président turc contre Paris.

Une première commémoration pour Macron

En février 2019, le chef de l'État avait annoncé que le 24 avril deviendrait Journée nationale de commémoration du génocide arménien, que la France a reconnu le 29 janvier 2001. C'est la première fois depuis qu'il participe à une commémoration officielle de cette journée.

La date du 24 avril, la même que celle retenue en Arménie et dans de nombreux pays, correspond au jour d'une rafle d'intellectuels arméniens assassinés à Constantinople par le pouvoir ottoman.

Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d'Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman, alors allié à Allemagne et à l'Autriche-Hongrie.

Article original publié sur BFMTV.com