Macron promeut à Tours la réforme des pensions alimentaires

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Le président français Emmanuel Macron rencontre des employés de la CAF à Tours, le 5 janvier 2021

Emmanuel Macron a promu mardi à Tours la réforme des pensions alimentaires, qui permet d'assurer le paiement par l'Etat des pensions impayées, une situation touchant 350.000 parents séparés, à 85% des mères.

"C’était un continent caché", a commenté le chef de l'Etat, après avoir écouté pendant une heure et demie quatre mères et un père témoigner des bénéfices de ce dispositif, qui transforme les Caisses d'allocations familiales (CAF) et la Mutualité sociale des agriculteurs (MSA) en intermédiaires pour le versement des pensions.

Le dispositif permet de ne pas donner à l'ex-conjoint ses coordonnées, un élément capital en cas de harcèlement.

Le chef de l'Etat a expliqué à Tours avoir découvert cette situation lors de la crise des "gilets jaunes". "On a vu qu'il y avait beaucoup de mamans solo sur les rond-points, qui ne pouvaient pas vivre quoique travaillant car elles n'arrivaient pas à toucher les pensions alimentaires impayées".

Par ce premier déplacement de l'année, le chef de l'Etat veut aussi montrer qu'il tient ses promesses, en dépit du Covid-19 et de la polémique sur la vaccination.

Revendiquant la "cohérence" de son action, il a récapitulé les aides et baisses d’impôts décidées après la crise des "gilets jaunes", comme la hausse de la prime d'activité qui complète les petits salaires, la baisse de l’impôt sur le revenu et de la taxe d'habitation.

Le nouveau "service public des pensions" alimentaires permet à un parent de demander que la CAF ou la MSA devienne l'intermédiaire pour le versement de sa pension. Ce sont ces organismes qui perçoivent la pension et qui la versent à l'ex-conjoint.

C'est également la CAF ou la MSA qui se chargent du recouvrement en cas d'impayé et, en attendant, versent au bénéficiaire une allocation de soutien familial (ASF) de 116 euros par enfant.

Ce système a démarré le 1er octobre et bénéficié à 10.000 familles. Depuis le 1er janvier, il est élargi à tous les parents qui le demandent, y compris ceux qui n'ont pas encore connu d'impayés. Il reste alors en place jusqu'aux 18 ans de l'enfant.

Après 42 millions d'euros en 2020, le coût de ce dispositif est estimé à 85 millions en 2021 puis 122 millions par an à partir de 2022, précise l'Elysée.

Inspirée du Québec, cette réforme vise les quelque 350.000 personnes - majoritairement des mères - victimes d'impayés ou de retard, ce qui concerne 30 à 40% des pensions. L'objectif est d'en faire bénéficier 100.000 familles par an, grâce au recrutement de 450 agents supplémentaires dans les CAF.

La polémique sur la lenteur vaccinale, sur laquelle M. Macron a refusé de s'exprimer, devait en revanche s'inviter lors d'une réunion avec les élus locaux qui s'est déroulée en fin d'après-midi à la préfecture de Tours.

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