Pour Macron et Philippe, ça passe… ou ça casse

Jannick Alimi, Valérie Hacot et Pauline Théveniaud
Edouard Philippe et Emmanuel Macron

Les mesures annoncées mardi par Edouard Philippe, suffiront-elles à apaiser la colère des manifestants ? Le Premier ministre s’est mis en première ligne tandis que le chef de l’Etat reste muet… et plus impopulaire que jamais.


Le Premier ministre vient d’annoncer les gestes visant à apaiser les Gilets jaunes, lors de la réunion du groupe LREM à l’Assemblée, quand un député lâche à la sortie : « Ça a dû lui demander un effort. »

Il y a encore une semaine, Edouard Philippe était encore inflexible. Pour la première fois depuis sa nomination à Matignon, il fait désormais marche arrière toute, avec l’annonce d’un moratoire de six mois sur les taxes sur l’essence - et notamment la taxe carbone, honnie par les manifestants - ou d’un gel des tarifs du gaz et de l’électricité.

Ne pas céder pour continuer à réformer

Un sacré changement de pied pour celui qui martelait sur tous les tons qu’il garderait « le cap ». « Il s’agit plutôt d’un changement de méthode », minimise son entourage, au diapason cette fois de l’Elysée où l’on jure que « la transition écologique aura lieu… mais on ne la fera pas comme ça. »

Il n’empêche. Des semaines durant, le Premier ministre a plaidé auprès d’Emmanuel Macron qu’il ne fallait rien céder, faisant valoir, selon ses proches, que « sinon, on ne pourrait plus réformer ». « Le président n’était pas sur cette ligne. Pour lui, faire un geste, c’était justement une solution pour continuer à avancer », assure un député LREM agacé, comme nombre de ses collègues, par l’inflexibilité de son Premier ministre. Lequel a même, rapporte un participant à la réunion de mardi matin, « parlé avec humour du fait qu’il était perçu comme rigide » Comme pour souligner que c’est là son rôle : endosser le costume de père-la-raideur pour protéger le président.

Le bouclier de Matignon

Le voilà en première ligne pour annoncer l’inflexion de l’exécutif, tandis que le président adresse des cartes postales muettes et sans journalistes. A l’Elysée où il a reçu ce mardi un Gilet (...)

Lire la suite sur LeParisien.fr

Macron et Philippe cèdent face aux Gilets jaunes : les coulisses d’un recul
Macron hué et insulté lors d’une visite au Puy-en-Velay
Gilets jaunes : le moratoire sur la fiscalité «nécessaire» pour Hulot
Yannick Jadot : le gouvernement «recule sur l’écologie sans avancer sur la justice sociale»
Les Gilets jaunes de Narbonne ne lâchent rien