Macron-Le Pen : le match retour

En dramatisant le combat des progressistes contre le Rassemblement national, le chef de l’Etat a fait de la première place le principal enjeu du scrutin.

En dramatisant le combat des progressistes contre le Rassemblement national, le chef de l’Etat a fait de la première place le principal enjeu du scrutin.

Les visages ont changé, mais en apparence seulement. Car derrière l’affrontement entre Nathalie Loiseau et Jordan Bardella, c’est le match retour du second tour de l’élection présidentielle qui se joue dans ce scrutin européen. C’est en tout cas la grille de lecture que ces deux camps veulent imposer. Avec le risque d’un violent retour de bâton pour l’exécutif. Le chef de l’Etat s’est impliqué dans la campagne européenne comme aucun autre avant lui, attaquant le Rassemblement national et présentant ses élus au Parlement européen comme « les sortants », dont le bilan « est une catastrophe pour le pays comme pour l’Europe ». Il va continuer à le faire, jusqu’au dernier jour. La mise en scène de Marine Le Pen, qui a retrouvé l’Italien Matteo Salvini à Milan samedi dernier aux côtés des responsables d’une dizaine d’autres partis européens nationalistes et eurosceptiques, accrédite sa thèse. « Un mouvement européen populiste est en train de prendre forme et il devrait inquiéter tous ceux qui sont attachés à la démocratie », lance ainsi Marc Fesneau, ministre des Relations avec le Parlement. La majorité fait feu de tout bois et fustige la présence en France de Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, venu soutenir le RN, qui n’a (officiellement) rien demandé. Marine Le Pen, elle, ne cesse de répéter qu’Emmanuel Macron a transformé cette élection en référendum contre lui. Et l’exhorte sans trop y croire : « S’il perd, alors il devra partir ! »

Le novice Jordan Bardella fait preuve d’une solidité surprenante quand l’ex-ministre Nathalie Loiseau paraît fragile

Le parti lepéniste est le seul à connaître une légère dynamique, passant, dans notre sondage Ifop pour Paris Match, de 22 % des intentions de vote début mars à(...)


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