Macron-Le Pen: sur le climat et l'environnement, le compte n'y est pas selon les ONG

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Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, le 10 avril dernier, Greenpeace estimait sur Twitter que la qualification d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen était « une défaite pour le climat et plus largement pour l’environnement » et jugeait leur programme insuffisant voire inquiétant. Et pourtant, le GIEC, le groupe d’experts international sur le climat, vient de publier un rapport rappelant l’urgence de la situation. Il faudrait atteindre un pic des émissions de gaz à effet de serre d’ici trois ans pour « garantir un avenir vivable » à l’humanité selon les scientifiques. Tour d’horizon de ce que proposent les deux candidats.

Sur l’énergie, alors que la guerre en Ukraine a pointé la dépendance des pays européens au gaz et au pétrole russes, les deux candidats se rejoignent sur un point : miser sur le nucléaire. La production électrique en France repose déjà à 67 % sur l’atome. Mais les centrales vieillissent. Emmanuel Macron promet donc la construction de six nouveaux réacteurs de dernière génération et en envisage huit supplémentaires. De son côté, Marine Le Pen promet 20 nouveaux réacteurs et la réouverture de la centrale de Fessenheim fermée en 2020 et dont le démantèlement a pourtant déjà commencé.

Par contre sur les énergies renouvelables, les deux candidats s’opposent. Marine Le Pen souhaite en effet un moratoire sur le solaire et l’éolien et même le « démantèlement progressif » des éoliennes déjà installées. Emmanuel Macron veut au contraire un « déploiement massif » des énergies renouvelables avec notamment 50 parcs éoliens en mer d’ici 2050.

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Enfin pour faire baisser la facture des ménages, la candidate du Rassemblement national veut baisser les taxes sur le fioul, le gaz, le pétrole et l’électricité. Emmanuel Macron mise sur la rénovation énergétique des bâtiments.

Planter des arbres et préserver les espaces naturels

Les programmes des deux candidats sont pour le reste moins détaillés. Pour protéger la biodiversité, le président sortant veut dépolluer d’anciennes décharges et développer une filière recyclage française pour diminuer les exportations de déchets. Il compte aussi faire planter 140 millions d’arbres. Marine Le Pen propose de conditionner l’usage des pesticides, herbicides et des engrais à l’évolution de la population d’animaux témoins (abeilles, oiseaux ou chauve-souris). Elle espère aussi inciter les paysans à préserver les haies, les zones humides et les forêts avec une prime spéciale.

Localisme et libéralisme

La question des transports divise également les candidats. Marine Le Pen refuse d’interdire les moteurs essence ou diesel alors qu’Emmanuel Macron veut développer une filière automobile électrique 100 % française et mettre en place un leasing sur les véhicules électriques pour faciliter l’accès aux voitures décarbonées.

Au final l’un et l’autre s’accordent pour dire qu’il faut respecter l’accord de Paris qui prévoit d’arriver à la neutralité carbone d’ici 2050. Mais leur vision diffère radicalement.

Marine Le Pen rejette le consensus scientifique (en écartant les énergies renouvelables notamment) et le Green Deal européen (ensemble de réformes en faveur de l’environnement), trop contraignant selon elle et qui représente pour la candidate une « écologie dévoyée par un terrorisme climatique qui met en danger la planète, l’indépendance nationale et plus encore, le niveau de vie des Français ». Pour atteindre les objectifs climatiques elle souhaite plutôt revoir la trajectoire de la France chaque année et base sa politique sur le « localisme » : produire français et consommer français en circuit court. Sans toutefois modifier le modèle agricole intensif pointé du doigt par les défenseurs de l’environnement.

Embarras et regrets des militants écologistes

Son programme signe « une régression climatique » pour le Réseau action climat qui fédère plusieurs ONG et associations nationales. « Plutôt que d’aider les Français à sortir des énergies fossiles chères et polluantes elle favorise le maintien de ces énergies » selon Neil Makaroff, responsable Europe au RAC.

Pour autant, les critiques fusent aussi envers Emmanuel Macron. « La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas », a déclaré ce samedi le candidat de LREM. Mais après un premier quinquennat de discours jamais suivis d’actions, de promesses non tenues et de revirements (sur le nucléaire ou les pesticides par exemple), « on a du mal à lui faire confiance » explique Neil Makaroff, qui voit en son bilan « une stagnation climatique ».

Pour le RAC, le programme du président sortant est « vague, lacunaire, imprécis » mais « il n’exclut pas la coopération internationale ». Et si Emmanuel Macron, en quête d’électeurs, affirme qu’il va s’inspirer des programmes de Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot qui étaient les plus complets sur l’environnement. Il ose désormais parler de sobriété et annonce un Premier ministre « directement chargé de la Planification écologique », concept emprunté à Jean-Luc Mélenchon.

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