Macron et Mélenchon ont reçu ce même prix du sexisme en politique

French leftist La France Insoumise (LFI) party leader Jean-Luc Melenchon (R) shakes hands with French President Emmanuel Macron as he leaves after their meeting at the Elysee palace in Paris, on November 21, 2017. (Photo by LUDOVIC MARIN / AFP)
LUDOVIC MARIN / AFP French leftist La France Insoumise (LFI) party leader Jean-Luc Melenchon (R) shakes hands with French President Emmanuel Macron as he leaves after their meeting at the Elysee palace in Paris, on November 21, 2017. (Photo by LUDOVIC MARIN / AFP)

Abad, Darmanin, Quatennens, Chenu, Bayou... Plusieurs responsables politiques ont été épinglés lors de cette soirée organisée par l’Observatorie des violences sexistes et sexuelles en politique.

POLITIQUE - Les voilà affublés du titre de « parrains » mais le contexte, il est tout sauf honorifique. Vendredi 25 novembre, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron se sont vus décerner un prix très peu flatteur pour leurs prises de position dans le cadre d’affaires de violences sexistes et sexuelles dans la sphère politique.

La remise de prix a été organisée par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L’objectif : « montrer la variété des comportements sexistes en politique », indique la cofondatrice de l’Observatoire Mathilde Viot à Radio France. Et aussi épingler les responsables politiques, tous partis confondus, qui se sont tristement distingués en la matière.

Parmi eux, Stanislas Guérini, Gérard Larcher, Sébastien Lecornu, mais aussi Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, nommés dans la catégorie du « Parrain ». « Le prix du Parrain distingue (...) ceux qui ont vaillamment protégé leurs potos, leurs ministres, leur ’bro’ et qui leur ont assuré une immunité face au tribunal médiatique, comme ils l’appellent, ou au tribunal tout court », explique Audrey Pulvar, maitresse de cérémonie de l’évènement.

Ce sont finalement les deux anciens adversaires qui se sont vus décerner le prix, ex-aequo. Jean-Luc Mélenchon, pour sa défense - décriée, y compris au sein de LFI - d’Adrien Quatennens après que ce dernier a reconnu des violences contre sa femme. Emmanuel Macron est lui devenu le « parrain parmi les parrains » qui « abrite dans son giron gouvernemental tant d’hommes qui vont être récompensés ce soir », à l’exemple de Nicolas Hulot, Damien Abad ou Gérald Darmanin, étrille Siham Haddioui, élue et figure belge de la lutte contre les violences sexistes.

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Abad, Darmanin, Quatennens, Dupont-Moretti épinglés

Au cours de cette soirée, baptisée « Ça va bien se passer » , en référence à une sortie sexiste de Gérald Darmanin, de nombreux hommes politiques français ont été distingués par des prix aux noms toujours très ironiques et dénonciateurs.

Le Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti et le député et porte-parole du RN Sébastien Chenu ont reçu le prix « Toutes des hystériques » ; Damien Abad et Benoît Simian celui des « petits anges partis trop tôt » : Adrien Quatennens et Julien Bayou sont lauréats du « J’accuse » ; Éric Zemmour a lui été récompensé du titre « Liberté d’importuner ».

Quant au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, blanchi par la justice après une plainte pour viol, il a été choisi pour le prix « Meilleur espoir », qui distingue « ceux ont su déjouer les pièges tendus par des féministes acharnées, ils ont su se jouer de la justice, de la presse, pour pouvoir laver leur réputation injustement entachée ». Un seul prix n’a pas trouvé preneur : celui de la « Carrière brisée » car « il n’y a pas eu de carrière brisée à cause du #MeTooPolitique », a souligné Audrey Pulvar.

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