Macron lance la plateforme «antidiscriminations», un outil pour l’égalité des chances

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Emmanuel Macron lance son plan « égalité des chances », destiné à relancer « l’ascenseur social » en panne. Alors que le président français multiplie les annonces depuis deux jours pour promouvoir la diversité sociale, il a lancé, vendredi 12 février au siège de Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, la plateforme antidiscriminations.fr, une réponse aux dernières affaires, de Michel Zecler aux violences policières.

Tout s’est accéléré avec des faits marquants, les violences policières et notamment l’affaire Michel Zecler, ce producteur de musique noir qui a été roué de coups par les forces de l'ordre. Dès le mois de décembre, Emmanuel Macron, à la suite d'un entretien au média en ligne Brut, a fait cette annonce : il voulait une mesure forte pour répondre aux problèmes de discrimination qui persistent en France.

Accompagner les victimes

Antidiscriminations.fr est une plateforme nationale de signalement. En plus du site, un numéro d’appel unique : le 3928. Elle a été conçue et sera gérée par la Défenseure des droits Claire Hédon et en lien avec des associations.

Son objectif est de répondre plus rapidement et de trouver une solution à ceux qui sont victimes ou témoins de discriminations. L'idée est d’accompagner ces derniers tout au long du processus : il y a donc un chat en direct sur la plateforme, avec des interlocuteurs et des juristes qui orientent les victimes vers les différents services.

Le problème en question pourra se régler soit par la médiation, le dialogue et, si ce n'est pas possible, le plaignant bénéficiera d'une prise en charge pour porter plainte.

Discriminations raciales, sociales, sexuelles jusqu’à l’adresse

La plate-forme couvre 25 critères de discriminations différentes, allant de l'origine, du handicap à l'orientation sexuelle, par exemple. Cela touche également les secteurs du travail ou l'accès à un logement.

Le premier critère de discriminations est l’origine de la personne. D'après les derniers rapports du Défenseur des droits, une personne d'origine étrangère à 8 % de chance en moins d'exercer un emploi public. De plus, 14 % des habitants des quartiers défavorisés déclarent avoir été victimes de discriminations.

« Multiplier les outils »

« Les discriminations sont un délit très particulier, selon Dominique Sopo, président de SOS racisme. Vous n'avez souvent aucune preuve, ni parfois aucune conscience d'avoir été victime du délit, lorsque vous avez été refusé à un emploi ou à un logement. Vous pouvez parfois vous douter que c'est à cause de votre couleur de peau, de votre accent, de la consonance de votre nom, mais finalement vous n'en savez jamais trop rien ». Pour le président de SOS racisme, « si on veut véritablement lutter contre les discriminations raciales et les discriminations de manière plus générale, il faut mener des actions et multiplier les outils. Rien ne se réglera simplement parce que les gens pourront porter plainte ».

Le coût de fonctionnement de la plateforme sera de 3,5 millions d’euros par an, et une campagne de communication sera menée à hauteur de un million d’euros pour informer les éventuelles victimes.

Plutôt que supprimer l’ENA, Macron veut y favoriser la diversité

Cet agenda sur « l'égalité des chances » a démarré dès le jeudi 11 février à l'Institut Régional d'Administration de Nantes, où le Président Macron a fait plusieurs annonces pour promouvoir la diversité sociale dans la haute fonction publique. Cela avec l'idée que les jeunes d'origine modeste puissent accéder plus facilement aux grandes écoles. Et pour cela, un concours et des écoles préparatoires seront dédiées.

Plutôt que supprimer l’École nationale d’administration (ENA), dont il est lui-même issu, Emmanuel Macron a donc décidé de favoriser davantage de diversité. Au total, un millier de places supplémentaires seront disponibles dans cinq écoles de la haute fonction publique : l'ENA, l'Institut national des études territoriales (INET), l’École des hautes études en santé publique (EHUSP) qui comprend le concours des directeurs d’hôpital et le concours des directeurs des établissements sanitaires, sociaux et médicaux sociaux, l'École nationale de sécurité publique (ENSP) pour les commissaires de police, et l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP) pour les directeurs des services pénitentiaires.

L’objectif est d’encourager la réussite au mérite dès le lycée et « casser l’entre soi ». Cela afin que les élites de la haute administration soient à l'image de la société… ce qui est loin d'être le cas aujourd’hui.

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