Macron invoque de Gaulle pour ironiser avec les maires sur leurs relations tendues

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Macron invoque de Gaulle devant les maires pour ironiser sur leurs relations tendues (photo d'illustration prise le 8 mai 2020) (Photo: via Associated Press)
Macron invoque de Gaulle devant les maires pour ironiser sur leurs relations tendues (photo d'illustration prise le 8 mai 2020) (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - Ça marche presque à tous les coups. Emmanuel Macron a défendu son bilan, jeudi 18 novembre, devant plusieurs milliers de maires réunis en congrès à la porte de Versailles, à Paris, en leur promettant “plus de déconcentration” à l’avenir.

L’occasion, pour le chef de l’État de revenir sur les relations complexes qu’il a pu entretenir avec eux depuis le début de son quinquennat, le tout en s’abritant derrière l’ombre du général de Gaulle. Pourquoi lui? Car l’homme du 18 juin est le seul président de la Ve République, avec Emmanuel Macron, à ne pas avoir occupé un fauteuil d’édile avant d’accéder à la fonction suprême.

Une façon surtout de balayer les critiques pour l’actuel locataire de l’Élysée, souvent attaqué sur son manque d’ancrage, et son inexpérience de la politique locale.

Macron parle de “malentendus”

“Il se peut qu’il y ait eu des malentendus au début, il se peut qu’il ait eu des préjugés. J’assume de ne pas avoir été maire”, a-t-il lancé, dans les premières minutes de son discours, comme vous pouvez le voir ci-dessous à partir de 12 minutes, après un quinquennat émaillé de tensions mais dans une ambiance moins houleuse que lors de sa première intervention en 2017 où il avait été sifflé par des élus ulcérés par la suppression de la taxe d’habitation.

Emmanuel Macron avait d’ailleurs boycotté le congrès l’année suivante, malgré sa promesse de s’y exprimer chaque année.

Evoquant ce reproche qu’on lui fait d’être “un des seuls présidents de la Vème République à ne pas avoir été maire”, il a répliqué: “j’ai compris que l’on honorait beaucoup le général de Gaulle ces derniers temps. Il se peut qu’il ait eu le même défaut.”

Mais “j’espère que vous avez découvert (...) que j’aimais votre action”, a-t-il poursuivi, en rappelant ses heures de questions-réponses avec des maires durant le grand débat lors de la crise des gilets jaunes. Le point de départ d’une lente réconciliation forcée sur fond de crise sanitaire.

Le chef de l’Etat a ensuite défendu point par point ses choix, de la suppression de la taxe d’habitation aux actions en faveur des “cœurs de villes”, assurant de nouveau avoir préservé les ressources des communes, l’un des points de friction avec les dirigeants de l’AMF. “La taxe d’habitation était un impôt pour les classes moyennes, mauvais pour les petites villes, injuste”, a-t-il plaidé, alors que David Lisnard avait dénoncé, plus tôt, “la dernière étape de la déstabilisation totale de notre système de fiscalité locale”.

Les critiques de Lisnard, le nouveau patron

Nouvellement élu à la tête de l’AMF, le maire (Les Républicains) de Cannes n’a pas mâché ses mots dans son discours de clôture, déplorant, entre autres, “l’extrême-centralisation” de la gestion du Covid-19 par l’exécutif.

“Le premier constat que nous faisons c’est celui de l’extrême-centralisation -pour beaucoup d’entre nous c’était une confirmation- des décisions, y compris parfois au détriment de l’Etat déconcentré lui-même”, a ainsi lancé l’édile, qui a succédé, la veille, à François Baroin à la présidence de la puissante association.

“Combien de préfets -je me suis laissé dire parfois même des ministres- ont découvert les décisions en même temps que nous”, a-t-il ironisé, dans une allusion implicite aux mesures annoncées par le président lors de ses interventions télévisées, qui “se sont traduites par de vrais difficultés opérationnelles”.

De son côté, le premier vice-président, le socialiste André Laignel, a lu devant le chef de l’Etat une résolution approuvée ”à l’unanimité” par le nouveau bureau de l’association, qui a fait un bilan très négatif du quinquennat du point de vue des maires. “Dialogue, négociation, confiance: est-ce trop demander? Et pourtant c’est ce que nous n’avons pas pu avoir ces quatre dernières années”, écrit le texte, sur un ton qui caractérise ces relations délicates depuis quatre ans.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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