Pour Macron, interdire la corrida est loin d’être « la priorité »

Emmanuel Macron s’est rendu au salon des maires le 23 novembre 2022.
LUDOVIC MARIN / AFP Emmanuel Macron s’est rendu au salon des maires le 23 novembre 2022.

POLITIQUE - Les députés hésitent, mais pas Emmanuel Macron. Le président de la République s’est exprimé ce mercredi 23 novembre sur l’interdiction de la corrida, en marge d’une visite au salon de l’Association des Maires de France.

« Il ne va pas y avoir l’interdiction demain, a affirmé le chef de l’État. On doit aller vers une conciliation, un échange. De là où je me situe, ça n’est pas la priorité du moment », a déclaré Emmanuel Macron. Et d’ajouter : « Il faut que ce sujet chemine dans le respect et la considération. »

L’interdiction totale de la corrida prônée par le député LFI Aymeric Caron fait partie des douze textes au menu de la « niche parlementaire » des insoumis à l’Assemblée nationale, ce jeudi 24 novembre. Les députés mélenchonistes espèrent un coup de projecteur politique malgré le risque d’« obstruction » de leurs adversaires.

Soutien populaire, pas parlementaire

Pour autant, la question de son interdiction divise au sein même des différents groupes politiques, entre les défenseurs du bien-être animal à ceux d’une « tradition culturelle ». Dans un sondage YouGov réalisé pour Le HuffPost, une nette majorité de Français se prononcent en revanche pour l’interdiction pure et simple de la corrida.

« Il faut prendre en compte les spécificités et coutumes locales auxquelles sont légitimement attachés nos compatriotes, justifie quant à lui Emmanuel Macron. Et la condition animale et la sensibilité qu’elle éveille, en particulier chez les jeunes générations. Dès qu’on est dans l’invective, ça ne marche pas », a-t-il ajouté.

« La condition animale n’est pas toujours suffisamment écoutée, c’est un vrai sujet. Quand on parle de chasse, de corrida, le sujet de la condition animale, il faut l’aborder », et « de la même manière il faut regarder ce qui est dans notre culture », a-t-il poursuivi. Le chef de l’État a donc insisté pour que « ces débats soient conduits dans le respect. Dans le respect des traditions et de notre culture car les gens ont l’impression d’être dépossédés de leur culture. Et dans le respect de notre engagement pour la biodiversité et le climat. Il y a un chemin ».

Le texte sur la corrida fait l’objet d’un dépôt de plus de 500 amendements. De « l’obstruction pure et simple », avec « certains amendements qui s’en prennent à moi » personnellement, avait déploré lundi Aymeric Caron. Malgré un soutien majoritaire dans l’opinion, la proposition, rejetée en commission, a néanmoins peu de chances d’être approuvée.

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