Macron II : le roi est (presque) nu

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Macron II : le roi est (presque) nu
CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France. Quelque chose qui n’a pas encore, fort heureusement, pris le dessus sur tout le reste, mais qui gagne à chaque scrutin un peu plus de terrain. La nette victoire d’Emmanuel Macron - premier président de la cinquième République depuis le général de Gaulle à être réélu hors cohabitation - n’est pas un mince exploit. Le barrage républicain, bien que fissuré, tient toujours. Mais pour combien de temps encore ? Hier, plus de 40 % des Français, plus de 13 millions des électeurs, ont voté pour l’extrême droite, même si nombre d’entre eux ne l’identifient pas ainsi : c’est tout simplement historique, d’autant que ce chiffre est en progression constante depuis vingt ans.

En remportant le second tour de l’élection présidentielle avec 59 % des suffrages, Emmanuel Macron est à nouveau entré dans les annales, en raison à la fois de son talent politique et des circonstances exceptionnelles. Tout au long de son mandat, il a réussi à stabiliser un socle électoral, supérieur à 20 %, qui n’a jamais flanché et ce malgré trois crises majeures (les Gilets jaunes, le Covid, la guerre en Ukraine). En parallèle, il a fait en sorte d’occuper tout l’espace qui va du centre gauche au centre droit et qui permet, traditionnellement, de réunir la majorité des Français. C’est un coup de maître. Mais le revers de la médaille, c’est que le président sortant a suscité, “en même temps”, un fort rejet auprès d’une large partie des Français. Cela donne une situation assez paradoxale où un homme de moins de 45 ans parvient à se faire réélire dans un pays qui aime comme aucun autre “couper la tête du roi” mais dont le trône est, dès le premier instant, vacillant.

Sans état de grâce

Pour la première fois de la cinquième République, le président ne bénéficiera d’aucun jour de grâce. Ses adversaires, nombreux, ont contesté dès son annonce non pas la légitimité du scrutin mais celle du nouveau président. On peut bien sûr critiquer ici ce qui relève d’un manque évident de maturité politique et participe à la détérioration de la vie démocratique. Mais il n’empêche, cela reflète l’état d’esprit d’une partie des Français, dont près d’un tiers s’est abstenu, créant une situation quasi inédite : le roi est encore là mais il est presque nu.

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