Macron et Castex en désaccord sur le "séparatisme" et ses causes?

Nabil Touati
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POLITIQUE - L’ancien Premier ministre, Édouard Philippe, avait pris l’habitude de nier la moindre divergence de vues entre lui et Emmanuel Macron. “Aucun commentateur ni personne ne mettra jamais entre nous le début du commencement de la moitié d’une feuille de papier à cigarette”, répétait-il sur tous les tons. Son successeur à Matignon, Jean Castex, aura du mal à reprendre cette formule à son compte après son passage au 20h de TF1, ce dimanche 1er novembre.

Alors qu’il pointait le “combat idéologique” à mener contre l’islamisme radical, “cet ennemi qui cherche à nous diviser”, le Premier ministre a donné l’impression de se démarquer nettement des propos tenus un peu plus tôt par Emmanuel Macron. “Je veux ici dénoncer toutes les compromissions qu’il y a eu pendant trop d’années, les justifications à cet islamisme radical: nous devrions nous autoflageller, regretter la colonisation [et] je ne sais quoi encore”, a lancé un Jean Castex visiblement peu enclin à amorcer ne serait-ce que le début du commencement d’une repentance à l’égard du passé colonial français, et encore moins désireux de chercher des raisons historiques au “séparatisme”, terme en vogue pour désigner des replis communautaires.

Interrogé la veille sur Al-Jazeera, Emmanuel Macron, moins réfractaire à l’autoflagellation que son Premier ministre, a pourtant rappelé la façon dont il avait fermement condamné la colonisation, notamment pendant la campagne électorale de 2017. Colonisation qu’il désignait alors comme un “acte de barbarie” et un “crime contre l’humanité”.

Le président français a aussi reconnu la responsabilité de l’État dans le sentiment d’abandon ressenti par une partie de la jeunesse issue de l’immigration postcoloniale. “Il y a un ressentiment qui est plus économique et social. Et donc, je considère que nous, en France, on n’a pas assez fait le travail pour permettre à tous les enfants nés sur notre sol ou arrivés de réussir avec la même égalité”, a déclaré Emmanuel Macron sur la chaîne qatarie, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête de cet article.

Et le président de présenter d’autres éléments d’analyse moins expéditifs que la fin de non-recevoir de son Premier ministre. “Nous avons une responsabilité parce que quand je regarde la stratégie de ces extrémistes et parfois de ces terroristes, ils construisent tout leur discours, leur narratif sur le ressentiment”, a poursuivi Emmanuel Macron avant de plaider en faveur d’“un travail de réconciliation par l’histoire [et] la vérité”. Et de s’étonner au passage que “ces discours des groupes extrémistes prospèrent au sein d’une jeunesse qui n’a jamais, elle, connu la colonisation, qui parfois est en France depuis des générations”.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.