Macron défend son projet de réforme du code du travail à Albi

par Johanna Decorse
Au lendemain du débat télévisé houleux qui l'a opposé mercredi soir à Marine Le Pen, Emmanuel Macron, grand favori des sondages pour l'élection présidentielle, a dû de nouveau défendre pied à pied son projet, notamment en matière de réforme du code du travail, à Albi, devant des salariés sceptiques. /Photo prise le 4 mai 2017/REUTERS/Benoit Tessier

par Johanna Decorse

ALBI, Tarn (Reuters) - Au lendemain du débat télévisé houleux qui l'a opposé mercredi soir à Marine Le Pen, Emmanuel Macron, grand favori des sondages pour l'élection présidentielle, a dû de nouveau défendre pied à pied son projet, notamment en matière de réforme du code du travail, à Albi, devant des salariés sceptiques.

A trois jours du second tour, Emmanuel Macron avait choisi le Tarn, département de naissance de Jean Jaurès, figure emblématique de la gauche socialiste, pour tenter de creuser encore l'écart sur son adversaire du Front national.

A la Verrerie d'Albi (VOA), une ancienne coopérative ouvrière, il a été interpellé par des salariés qui l’ont invité à ne pas "blasphémer", et au milieu desquels il s'est efforcé de rectifier ce qu'il a présenté comme des "contre-vérités" sur son projet économique et social.

"Je ne veux pas que ce soit un blasphème ce que vous faites aujourd’hui", lui a lancé une salariée de cette entreprise, filiale du groupe Veralia. "La VOA a été créée par des ouvriers avec l’aide de Jean Jaurès. Vous allez faire un discours sur Jean Jaurès sur la place du Vigan, ne faites pas un blasphème."

L'ancien ministre de l'Economie, qui devait tenir un meeting dans la soirée à Albi, ville où il est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, le 23 avril, devant le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a répondu qu'il avait "toujours tenu (ses) engagements".

Le candidat d’En marche ! a été accueilli par des syndicalistes, notamment de la CGT, au cri d'"abrogation de la loi travail".

"La réforme que je veux pour le marché du travail consiste à donner plus de place à l’accord majoritaire d’entreprise et l’accord majoritaire de branche", leur a-t-il répondu. "Je ne vais pas l’arrêter. On a 10% de chômage, 80% des contrats signés par les jeunes sont des CDD (...) Ça ne marche pas."

"Je ne suis pas pour que ce soit du grand n’importe quoi et de la sauvagerie. Je ne suis pas pour renvoyer au contrat de travail, mais au dialogue social, qui construit les choses au plus près du terrain", a-t-il assuré.

Il entend lancer son projet de réforme du marché de travail dès le début de son quinquennat, s'il est élu.

Ce projet, pour lequel il souhaite recourir à la procédure des ordonnances pour aller vite, doit prolonger, compléter et amplifier la loi El Khomri, qui a donné lieu au printemps 2016 à un des plus longs mouvements sociaux depuis 1968 en France.

(Edité par Emmanuel Jarry)

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