Sécurité: Macron détaille les réformes et esquisse son programme

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Le président Emmanuel Macron, le 13 septembre 2021 à l'Elysée (AFP/Ludovic MARIN)
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"Simplification" de la conduite des enquêtes, doublement des policiers sur le terrain, loi de programmation: à sept mois de la présidentielle, Emmanuel Macron a détaillé mardi à Roubaix les réformes qu'il souhaite voir aboutir en matière de sécurité, d'ici la fin du quinquennat et au-delà.

Le chef de l'Etat s'exprimait à l'école nationale de police en clôture du Beauvau de la sécurité, vaste consultation lancée en février.

Devant policiers et gendarmes, mais aussi élus de cette région, dont Xavier Bertrand, en tête des sondages parmi les candidats de droite à la présidentielle, le chef de l'Etat a annoncé un budget supplémentaire de 500 millions d'euros en 2022. Au total, le budget du ministère de l'Intérieur augmentera de 1,5 milliard d'euros en 2022.

Parmi les mesures souhaitées par Emmanuel Macron, qui a appelé à "repenser les grands équilibres de la procédure pénale": une "simplification drastique" de la conduite des enquêtes et une "nouvelle écriture du code". Alors que doivent s'ouvrir prochainement des "Etats généraux de la justice", il a demandé au Garde des Sceaux de lui proposer "d'ici trois mois", "des mesures très concrètes".

Emmanuel Macron, qui a répété souhaiter "plus de bleu" dans la rue, a également dit vouloir "doubler en dix ans" la présence sur le terrain des policiers et gendarmes. Il a demandé qu'une réforme de leurs horaires soit présentée au début de l'année 2022 pour permettre cet accroissement de présence sur le terrain.

Il a également souhaité la mise en place de "la plainte en ligne" en 2023. Un centre de formation sur le maintien de l'ordre à destination des policiers sera créé, a aussi annoncé le chef de l'Etat, alors que l'action de ces derniers a été critiquée lors des manifestations, notamment pendant le mouvement des "gilets jaunes".

Pour traduire ces annonces dans les textes, Emmanuel Macron a confirmé l'élaboration d'une loi de programmation et d'orientation pour la sécurité intérieure (Lopsi), qui sera présentée début 2022, mais ne pourra être votée sous ce quinquennat.

Ce texte, qui doit planifier sur cinq ans l'action du gouvernement en matière de sécurité, devrait ainsi d'abord constituer la trame du volet sécurité du programme du chef de l'Etat pour 2022.

- "Discours de candidat" -

Le chef de l'Etat a également annoncé la mise en place d'"une instance de contrôle parlementaire des forces de l'ordre", sur le modèle de la délégation parlementaire au renseignement. Une manière de répondre aux critiques visant l'IGPN ("la police des polices"), accusée de manquer d'indépendance, en particulier dans les dossiers de violences policières.

"Quand on aime nos forces de l'ordre, on ne leur passe pas tout", a déclaré Emmanuel Macron, en appelant à "sanctionner" les "fautes".

Dans ce cadre, il a aussi souligné que sur la plateforme anti-discriminations lancé par le gouvernement en février seuls "4%" des 7.564 appels reçus concernaient "les forces de l'ordre et leur déontologie". Un chiffre, qui "permet d'objectiver une chose", a-t-il poursuivi, "il n'y a pas non plus des dizaines de milliers" d'appels sur le sujet.

Le Beauvau, rythmé pendant sept mois par huit tables rondes - sur le thème de la formation, de l'encadrement ou encore de la captation vidéo - avait été lancé après le tabassage par des policiers de Michel Zecler, producteur de musique noir, en novembre 2020 à Paris.

Après cette affaire, Emmanuel Macron avait reconnu l'existence de contrôles au faciès et des violences de la part des policiers. Des déclarations qui avaient fait hurler les syndicats de police. Le Beauvau avait été décidé pour répondre à leur colère.

Emmanuel Macron "est passé à côté de la sécurité pendant tout son mandat, parce qu'il n'a jamais été élu", a déclaré Xavier Bertrand en qualifiant les propos du président de "discours de candidat". "Et puis il pense que l'économie règle tous les problèmes, que si l'économie va mieux ça règle tout dans un pays", a ajouté le Président de la région Hauts-de-France

"En quatre ans et demi rien n'a été fait et rien ne sera fait si c'est cinq ans de plus", a de son côté jugé Hugo Bernalicis, député LFI du Nord, qui a également dénoncé un discours de candidat pourtant "pas dans les comptes de campagne".

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