Macron au Japon, une visite hantée par l'ombre de Carlos Ghosn

Geoffroy Clavel

POLITIQUE - Une visite impériale entravée par un sujet tabou. Emmanuel Macron entame ce mercredi 26 juin son premier déplacement officiel au Japon avec la ferme intention de resserrer ses relations bilatérales avec le premier ministre Shinzo Abe, relations bousculées par les tensions qui se sont accumulées dans le dossier de l’alliance Renault-Nissan.

Le président français a atterri à Tokyo en début d’après-midi mercredi (soit en début de matinée, heure française).

Signe de la volonté mutuelle des deux dirigeants d’envoyer un message de concorde, le decorum de cette visite de deux jours à cheval sur Tokyo et Kyoto, qui sera suivie d’une participation à une réunion du G20, se veut prestigieux. Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, aura le privilège d’être le deuxième dirigeant étranger, après Donald Trump, à être reçu par le nouvel empereur Naruhito dans son palais, le “Kokyo”, en plein cœur de la capitale.

Un match retour en quelque sorte après la réception du premier ministre japonais à Paris en avril.

Mais si les deux pays semblent déterminés à réaffirmer leur partenariat, le fantôme de l’affaire Carlos Ghosn, et les rebondissements liés à ses conditions de détention, menacent de hanter ce déplacement hautement politique.

L’affaire Ghosn pas au programme des discussions

À la veille du départ du président français pour le pays du soleil levant, l’avocat de l’ancien dirigeant du groupe Renault, Me Zimeray, s’est fendu d’une lettre ouverte pour réclamer qu’Emmanuel Macron dénonce la “justice de l’otage” pratiquée par Tokyo à l’encontre de Carlos Ghosn.

“Son arrestation, soigneusement mise en scène était inutile et humiliante, sa longue détention, illégale au regard des traités, fut qualifiée par les avocats japonais, prudents et mesurés, de ‘torture’”, s’indigne l’avocat dans cette missive révélée par RTL, en pressant le chef de l’État de “défendre les principes fondamentaux dans lesquels la France se reconnaît et, lorsqu’il le faut, en dénoncer avec force la...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post