Macron au château de Joux en hommage à Toussaint Louverture

Emmanuel Macron lors d’une cérémonie au jardin du Luxembourg pour marquer l’abolition de l’esclavage et rendre hommage aux victimes de la traite négrière, à Paris, le 10 mai 2022.
Emmanuel Macron lors d’une cérémonie au jardin du Luxembourg pour marquer l’abolition de l’esclavage et rendre hommage aux victimes de la traite négrière, à Paris, le 10 mai 2022.

POLITIQUE - Avec un hommage à Toussaint Louverture, « inlassable combattant » pour la liberté, Emmanuel Macron a marqué ce jeudi 27 avril le 175e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France au château de Joux dans le Doubs, où ce général franco-haïtien fut emprisonné jusqu’à sa mort, a fait savoir l’Élysée.

Attendu à partir de la mi-journée, le chef de l’État a déposé une gerbe devant le buste de l’ex-esclave affranchi avant de prononcer un discours.

Cette année, comme en 2018, le président a choisi de célébrer la date du 27 avril 1848 qui correspond au décret de Victor Schoelcher abolissant l’esclavage en France. L’exécutif devrait donc être représenté par la Première ministre Élisabeth Borne lors de la traditionnelle cérémonie dans les Jardins du Luxembourg le 10 mai, qui commémore l’anniversaire de la loi Taubira de 2001 ayant reconnu l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Trois mémoires de l’esclavage

Emmanuel Macron entendait combiner ce rappel historique cette année avec le 280e anniversaire de la naissance et du 220e anniversaire de la disparition de Toussaint Louverture, mort dans la forteresse en avril 1803.

À travers ce rendez-vous, ce sont « trois mémoires de l’esclavage que nous commémorons », a dit mercredi un conseiller du président : « la mémoire des victimes », puisque Toussaint Louverture était né esclave, « la mémoire des abolitionnistes » et « la mémoire des héros ».

Cette « figure universelle », qui a accédé « au savoir » et qui « toute sa vie défendra » les idéaux des Lumières, a été « un militaire et un général révolutionnaire » qui mènera tous ses combats « au nom de la révolution française », a souligné un autre conseiller. « Même quand la France s’éloignera de ces idéaux », a-t-il ajouté, puisqu’il fut emprisonné en 1802 au château de Joux, sans procès, accusé de haute trahison et rébellion, sous les ordres du consul Napoléon Bonaparte.

Au son des casseroles

Mais comme à chaque déplacement du président de la République et de ses ministres depuis la promulgation de sa controversée réforme des retraites, une manifestation a émaillé sa visite, même si l’accès au château, qui surplombe la région dans le massif du Jura, était barré aux protestataires.

La CGT du Doubs avait annoncé que l’intersyndicale de Pontarlier donnerait « un concert de casserole au pied du château de Joux ». « Prévoyez de quoi faire du bruit pour faire entendre que 64 ans, c’est toujours non ! », disait le syndicat dans un appel à ses adhérents et sympathisants.

Et comme c’est généralement le cas ces deux dernières semaines, un nouvel arrêté préfectoral avait été publié mercredi matin pour interdire les manifestations, en s’appuyant sur une loi antiterroriste de 2017. Le texte qui prévoyait un périmètre de sécurité a finalement été retiré par le préfet.

Les casseroles étaient indirectement mentionnées par cet arrêté préfectoral qui interdisait les « rassemblements de type festif à caractère musical » et les « dispositifs sonores portatifs (porte-voix) ».

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