Macron annule sa visite au Mali, Barkhane poursuit sa transformation - REPORTAGE

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REPORTAGE - La salle de presse était presque prête. Prête à accueillir la trentaine de journalistes qui devaient suivre le voyage officiel d’Emmanuel Macron au Mali. Et dormir comme le président sur la base militaire de Gao, lundi 20 décembre, après avoir partagé un traditionnel repas avec les militaires français en opération extérieure.

Le casse-tête sur le menu de Noël sera stoppé là: la visite, annoncée deux jours plus tôt, est finalement annulée vendredi 17 décembre, officiellement en raison de la progression de l’épidémie de Covid-19. Une justification sanitaire à laquelle il faut ajouter le climat de tension entre Paris et Bamako, qui est électrique depuis plusieurs mois.

La décision a été “prise dans un souci de cohérence entre les mesures annoncées au niveau national et l’agenda international du président, et dans un souci de ne pas exposer notre dispositif militaire dans un moment de dégradation de la situation sanitaire en métropole”, a expliqué l’Élysée, après un conseil de défense sanitaire consacré à la cinquième vague de Covid-19.

Tensions avec la junte militaire

Avant de se rendre à Gao aux côtés des troupes, Emmanuel Macron devait passer lundi par Bamako, pour une première rencontre avec le colonel Assimi Goïta. Mais la junte, au pouvoir depuis 2020, n’a pas accepté le format de l’entretien proposé par le gouvernement français.

Au-delà de la coordination opérationnelle affichée, du moins côté français qui évoque des “relations excellentes” au niveau militaire, l’impasse diplomatique butte sur les deux sujets qui fâchent: la contractualisation par Bamako des services des paramilitaires russes de Wagner et la durée de la “transition” censée ramener les civils au pouvoir.

À Gao, le chef de l’État était attendu de pied ferme, en cette année charnière pour Barkhane. Comme prévu par l’agenda fixé par le président en juin dernier, les trois bases du Nord, Tessalit, Kidal et Tombouctou ont été rétrocédées aux forces maliennes, pour recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Ce plan prévoit une réduction des effectifs au Sahel, de 5000 actuellement, à entre 2500 et 3000 d’ici 2023.

“Redéploiement” des forces

Le dernier convoi en provenance de Tombouctou, dont la cérémonie de remise des clefs a eu lieu le 14 décembre, était attendu à Gao quelques jours plus tard. Ici, on ne parle pas de retrait, mais de “redéploiement”. Pas de la fin de l’opération, mais de sa transformation.

“Une opération, ça vit. On est obligés de réagir à la menace, avec une volonté de se recentrer vers le Sud”, affirme le colonel Faivre, chef de corps du 3e Régiment d’infanterie de marine (RIMa) à Vannes.

Sur place, les troupes œuvrent sans relâche à cette ne transformation. Car si les militaires ne laissent rien paraître, cette décision a entraîné un défi stratégique et logistique qui a mobilisé toutes les forces. Des rations aux véhicules et à l’armement militaire, en passant par les lits picots, tout passe par Gao avant d’être d’être réparti en France ou ailleurs.

Lors de sa visite, des annonces du chef de l’État sur la suite de la présence française au Mali étaient attendues . Avec peut-être un changement de nom, symbolique, comme c’est l’usage lorsqu’une opération change de cap. Les militaires devront attendre encore un peu.

Cet article fait partie d’une série de reportages au cœur de l’opération Barkhane sur la base militaire de Gao, au Mali, réalisée à l’occasion d’un voyage de presse financé en partie par le Service d’information et de relations publiques de l’armée de terre (SIRPA Terre) et la cellule communication de l’état-major des armées (EMA/COM). Aucun droit de regard n’a été exercé sur les images, aucune relecture des articles avant publication.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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