“Macron est allé trop loin” : l’Europe de l’ouest est-elle toujours fiable ?

C’est un Emmanuel Macron avec un œil au beurre noir qui s’affiche en une de l’hebdomadaire polonais Wprost, sur fond de bannière européenne. De tendance conservatrice, la publication s’inquiète de la future composition de l’Assemblée nationale française, à la suite d’une dissolution motivée par le faible score de la liste du président français (14,6 %) lors des élections européennes du 9 juin, face à un Rassemblement national (RN) plus populaire que jamais, caracolant à 31 %. L’hebdomadaire rappelle également qu’en Allemagne la coalition d’Olaf Scholz a subi un sérieux revers face à la poussée des conservateurs de la CDU et de l’extrême droite de l’AfD.

“Les succès vertigineux des partis de droite contestataires dans l’ouest de l’Union européenne rendent légitime la question qui, jusqu’à récemment, nous était posée à nous avec un sentiment de supériorité à peine dissimulé : partagez-vous encore, à l’ouest, nos valeurs européennes communes, ou devez-vous être exclus des financements et des droits de vote de l’Union européenne via un cordon sanitaire ?” s’interroge le rédacteur en chef de Wprost dans son édito, faisant référence aux pénalités financières imposées au régime de Viktor Orbán et à ses alliés polonais, les nationaux conservateurs du PiS (Droit et Justice), pour leurs violations répétées de l’état de droit. Le PiS, qui a gouverné pendant huit ans à Varsovie, a perdu le pouvoir en décembre 2023, face à la coalition pro-européenne de Donald Tusk.

Le sort de l’Union européenne

“Le courant politique dominant en Europe occidentale a subi un sérieux coup de boutoir politique, annonçant ce qui semblait jusqu’à présent être réservé aux démocraties d’Europe centrale, prétendument dysfonctionnelles et immatures”, poursuit l’auteur, qui rappelle que “le sort de l’Union repose entre les mains des gouvernements des États membres clés”, dont la France et l’Allemagne, ceux dont les dirigeants pourraient donc changer “plus rapidement qu’on ne le pense”.

Cela pourrait être le cas en France si la formation de Marine Le Pen et Jordan Bardella remportait les élections législatives du 30 juin et du 7 juillet. “Des rumeurs émanant des milieux gouvernementaux français disent que, convaincu de sa grandeur et de son infaillibilité, Macron est allé trop loin et est devenu un handicap plutôt qu’un atout en ce début de campagne. Et cela n’augure rien de bon pour les résultats des élections”, s’alarme Wprost.

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