Macron élude une question sur le voile avec une expression de grand manager

Hortense de Montalivet

POLITIQUE - “Vous essayez de me mettre le singe sur l’épaule. Mais c’est plutôt à vous à qui il revient de l’avoir! ”. Le journaliste de BFM TV, lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil des ministres franco-allemand à Toulouse, mercredi 16 octobre, voulait pourtant simplement avoir l’avis d’Emmanuel Macron sur cette nouvelle polémique autour du voile islamique. Il n’aura récolté qu’une pirouette et la découverte d’une nouvelle “petite expression” tirée de l’anthologie toute personnelle du président, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

“Est-ce que vous comptez préciser votre pensée prochainement? [...] Est-ce que vous êtes d’accord avec votre ministre de l’Éducation nationale qui ne préfère pas que les mères d’élèves qui portent le voile accompagnent les sorties scolaires?” À cette question sur le voile islamique, Emmanuel Macron a répondu par l’unité du gouvernement sur le sujet. “Faisons bloc”, a répété plusieurs fois le président de la République. Tout en rappelant que chacun de ses ministres était compétent pour s’exprimer à ce sujet. C’est là qu’un singe intervient. Au sens figuré.

Car s’il aime répondre à côté des questions, Emmanuel Macron chérit encore plus le sens de la formule. “J’ai toujours mes petites expressions, j’ai le droit” dira-t-il en riant le lendemain, interrogé cette fois à Bruxelles, juste avant le Conseil européen. “Un singe sur l’épaule”. Mais pourquoi?

Mélange des cultures

Parce qu’Emmanuel Macron s’exprime comme ce qu’il est: un bourgeois des centres-villes, ainsi que le décrit le sociologue Nicolas Framont dans l’article de Slate“Le grand écart culturel d’Emmanuel Macron”. Son affection doucement fantaisiste pour les expressions est caractéristique de cette “mondialisation heureuse” à laquelle sa classe sociale appartient.

Cet “hyperconformisme mâtiné d’un peu de transgression et d’une certaine bienveillance à l’égard de la culture de masse”, comme le décrit Philippe Coulangeon, sociologue spécialiste des...

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