Maïa, première brique technologique d'une nouvelle famille de lanceurs européens ?

·2 min de lecture

Spécialiste de la politique spatiale américaine et directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, Xavier Pasco revient pour Sciences et Avenir sur l'annonce faite par Arianegroup du développement d'un mini-lanceur réutilisable baptisé Maïa. Entretien.

L'entreprise ArianeGroup, leader européen des lanceurs spatiaux, veut développer à son tour un mini-lanceur réutilisable. Baptisé Maïa, il devrait être opérationnel en 2026.

Sciences et Avenir : Qu’est-ce qui a motivé cette décision, alors que le nouveau lanceur européen Ariane 6 doit être inauguré en 2022 ?

Xavier Pasco : C’est une réaction à la transformation du paysage du lancement induite par SpaceX, la société commerciale d’Elon Musk. Conçue pour moderniser Ariane 5, Ariane 6 arrive sur un marché bousculé par l’intensification du modèle de SpaceX qui repose sur le réutilisable. Aujourd’hui son lanceur Falcon 9 est celui qui connaît le plus de tirs et qui de surcroît réutilise jusqu’à 10 fois ses étages sans grands délais de réexamen ! Démonstration est faite que cela fonctionne. SpaceX met la pression sur le peu qu’il restait du marché commercial, soit 20 lancements sur 100 dans le monde.. Avec l’arrivée de nouveaux concurrents, tels que l’Inde ou l’Américain Rocketlab, l’Europe des lanceurs a besoin d’une nouvelle feuille de route stratégique.

Maïa fait donc entrer l’Europe dans l’ère du réutilisable ?

Arianegroup avait déjà lancé des études pour développer le moteur Prometheus et le démonstrateur de premier étage Themis, tous deux réutilisables. Avec Maïa, on passe d’un programme expérimental à un programme opérationnel. Ce petit lanceur empiétera plus sur le marché de la fusée européenne Véga ou du mini-lanceur de Rocket Lab que sur celui du Falcon 9. Mais cela permet à Arianegroup de se projeter stratégiquement dans l’après d’Ariane 6 en développant une brique technologique qui servira à un système futur. C’est peut-être le point de départ pour constituer une famille de lanceurs totalement réutilisables. L’objectif de ce nouveau projet est aussi de recentrer les forces européennes qui avaient tendance à se disperser. Et plus particulièrement l’Allemagne, qui soutient des sociétés de micro-lanceurs et dont la présence s’intensifie dans ce domaine. Arianegr[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles