«Je m’inquiète de l’idée qu’un État décide d’organiser la mort programmée»

Paris Match. Vous êtes médecin en soins palliatifs et donc en première ligne, est-ce que cette loi vous fait peur ? Alexis Burnod. A titre personnel, je m’inquiète de l’idée qu’un État décide d’organiser la mort programmée des gens avec l’aide de la médecine. A l’hôpital, alors que nous vivons une tension importante, l’idée d’injecter la mort sur rendez-vous à nos patients nous paraît vertigineuse. On comprend bien sûr que certains préfèrent la mort à la vie du fait de leur situation mais, pour la plupart d’entre nous, l’hôpital n’est pas le lieu pour cela. Avez-vous déjà été confronté à des patients qui souhaitaient mourir ? Alors, il y a deux choses différentes. Vouloir mourir et vouloir qu’on vous fasse mourir. Sur les 800 patients pris en charge par notre équipe de soins palliatifs chaque année, l’immense majorité souhaite qu’on les aide à avoir une vie plus supportable. Notre unité s’occupe de patients gravement malades ou en fin de vie du cancer. C’est nous qui avons ouvert le