Ce que m’ont appris vingt ans de critique gastronomique à New York

Photo Ryan Christopher Jones/NYT

“Après vingt-deux années d’exercice et des milliards de repas, l’heure est venue de rendre mon tablier”, annonce le critique gastronomique Adam Platt dans sa dernière chronique pour Grub Street, le site du New York Magazine consacré à la gastronomie.

Comme le constate cette signature bien connue des foodies new-yorkais, “vingt-deux ans, c’est beaucoup, surtout lorsqu’on les passe à engloutir chaque jour des plats gras et pas vraiment équilibrés”.

Il n’empêche, la liste des privilèges attachés au métier de critique gastronomique est longue, souligne ce vétéran. À commencer par le fait de ne pas payer ses repas avec son propre argent et “l’impression d’être aux premières loges pour observer, tous frais payés, le quotidien de cette ville incroyable et assister à la métamorphose de la culture locale – et c’est sans doute l’aspect le plus enivrant”.

Dans la mêlée des réseaux sociaux

Les choses ont toutefois bien changé depuis que Platt a pris ses fonctions en l’an 2000. Les critiques tout-puissants à la Anton Ego – l’austère personnage de Ratatouille –, “qui ont longtemps fait partie des espèces en voie de disparition, semblent enfin sur le point de s’éteindre pour de bon”. Désormais, “grâce aux miracles de l’ère numérique, les gourmets amateurs sont mieux informés et plus confiants que jamais. Et grâce aux auteurs comme Anthony Bourdain [un chef américain décédé en 2018, rendu célèbre par son best-seller Kitchen Confidential], ils ne considèrent plus les restaurants comme des lieux de distraction guindés dont la fréquentation confine au rituel […], mais comme une fenêtre ouverte sur les cultures du monde entier.”

Descendus de leur piédestal, les critiques sont désormais sommés de plonger dans la mêlée des réseaux sociaux pour défendre leurs points de vue :

“Aujourd’hui, pour être un bon critique, il faut être à la fois [capable de] s’époumoner dans le capharnaüm d’avis qui circulent sur TikTok, spécialiste d’anthropologie sociale et journaliste d’investigation afin de suivre de près le secteur de la restauration, dont le rôle dans le bien-être économique et spirituel de la ville n’a jamais été aussi capital.”

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles