Même avec les orages, la sécheresse ne partira pas en un éclair

Au total, 19 départements sont placés en vigilance orange aux orages et fortes pluies par Météo France ce dimanche 27 juin (photo d'illustration prise en Bavière en 2017).
Boris Jordan Photography / Getty Images Au total, 19 départements sont placés en vigilance orange aux orages et fortes pluies par Météo France ce dimanche 27 juin (photo d'illustration prise en Bavière en 2017).

Boris Jordan Photography / Getty Images

Les orages éclatent à partir de cet après midi en France, trop éparses ils ne permettront pas d’endiguer la sécheresse.

ORAGES - Une sécheresse sans fin. Les premiers orages qui éclatent en France ce jeudi 4 août dans le Centre-Val de Loire cet après-midi puis en Île-de-France dans la soirée, ne mettront malheureusement pas fin à l’interminable sécheresse actuelle, observe Tristan Amm prévisionniste à Météo-France interrogé par Le HuffPost.

Le front orageux qui va s’étendre vers l’est de la France vendredi fera bien dégringoler le mercure, mais pas pour tout le monde. Si le thermomètre chute à 27 °C dès ce soir à Paris, 26 départements de la moitié sud-est déjà en vigilance orange canicule vont le rester, annonce les prévisions de Météo-France. Il va donc continuer à faire très chaud dans le Sud, et pour les régions qui auront la chance de recevoir quelques gouttes de pluie, elles seront loin d’être suffisantes.

Un risque d’orage « sec » propice aux incendies

« Les orages attendus sont trop dispersés et ne vont arroser suffisamment que les Pyrénées, les Alpes et le Massif central sans apporter beaucoup d’eau pour les plaines », détaille Tristan Amm. Par ailleurs, les averses vont être de courte durée et ne pourront pas réhumidifier les sols : « L’eau ruisselle directement vers les cours d’eau et ne pénètre pas les terres » , explique Cyrille Duchesne, météorologue de La Chaîne Météo sur BFMTV.com. En clair, les orages vont permettre de mouiller le sol en surface mais l’infiltration en profondeur de l’eau sera faible.

D’autant plus qu’il se peut que les orages soient « secs », et que la pluie ne tombe pas du tout dans les prochains jours. Les orages secs se forment lorsque les températures sont anormalement chaudes et que le taux d’humidité est bas, « alors la pluie s’évapore avant même d’arriver sur le sol », décrit Tristan Amm. Ces orages sans pluie sont propices aux départs d’incendies. Mais ce phénomène est à nuancer selon le prévisionniste, car seulement 10 % des feux sont déclenchés par un phénomène naturel.

Outre les risques de feux de forêts, ce qui inquiète davantage c’est le déficit de pluie depuis le début de l’année : « On a chaque mois des taux de précipitations déficitaires à l’échelle nationale et le mois de juillet 2022 a été le plus sec jamais enregistré depuis 1959 et ça continue », rappelle Tristan Amm. Cette sécheresse s’éternise et pour l’instant elle n’a pas de date de fin ajoute Damien Griffaut, responsable adjoint du service climat et prévisions de Météo France dans le Sud-Est interrogé par le quotidien Nice matin : « On repart sur une période globalement sèche pour les deux semaines à venir. Avec une remontée des températures au-dessus des normales et certainement une absence de pluie. Ce qui contribue à accentuer le problème des sols… »

« On aimerait éviter des pluies trop fortes pour éviter les risques de ruissellement » Tristan Amm, prévisionniste à Météo France.

Alors que le sol est déjà sableux partout sur le territoire, « il est probable que cette situation s’aggrave encore, et que le record absolu de sécheresse des sols superficiels qui date de 2003 soit battu », précise Cyrille Duchesne à BFMTV.com. Résultat : les cultures payent le prix fort. Des producteurs de pommes de terre du Nord aux céréaliers du Sud, aucun agriculteur n’est épargné. Les rendements sont déjà en chute libre : -21 % pour le blé dur, -16 % pour l’orge de printemps, selon les données de l’Agreste, service de statistique agricole rattaché au ministère de l’Agriculture.

Pour que les champs retrouvent de leur superbe, il va falloir beaucoup de pluie, mais pas trop intense. « On aimerait éviter des pluies trop fortes pour éviter les risques de ruissellement, poursuit Tristan Amm, on préférerait des perturbations avec des pluies stationnaires sur plusieurs semaines pour humidifier les sols. Malheureusement ce n’est pas ce qu’on voit pour le moment ... »

Alors que les sécheresses vont devenir plus récurrentes et intenses dans les prochaines années, il est nécessaire de trouver des solutions pour arroser les sols. Les professionnels de l’agriculture appellent à augmenter la capacité d’irrigation. « Ça peut être une solution si l’on trouve un mode d’irrigation plus économe comme le goutte-à-goutte », nous indique Philippe Debaeke, directeur de recherche INRAE (Institut nationale de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). Mais face au réchauffement climatique, il faudra trouver des mesures d’adaptation encore plus fortes explique-t-il, comme la plantation d’espèces plus résistantes à la chaleur ou la migration des cultures du Sud vers le Nord.

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