Même l'auteur de "Killing Eve", Luke Jennings, a été déçu par le final

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Jodie Comer, ici dans son rôle de Villanelle. (Photo: BBC America)
Jodie Comer, ici dans son rôle de Villanelle. (Photo: BBC America)

Jodie Comer, ici dans son rôle de Villanelle. (Photo: BBC America)

SÉRIES - Clap de fin. La série américano-britannique Killing Eve a tiré sa révérence en ce mois d’avril, après quatre saisons. Succès critique à ses débuts, la série s’est toutefois conclue sur un goût amer pour les fans, mais aussi pour l’auteur dont le programme s’est inspiré des livres, Luke Jennings.

Dans une tribune publiée sur le Guardian, ce vendredi 22 avril, il estime que le final “s’est incliné devant les conventions”.

ATTENTION LA SUITE DE L’ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS

C’était trop beau pour arriver. Après avoir été séparées pendant l’essentiel de la saison, Villanelle (Jodie Comer) et Eve (Sandra Oh) se retrouvent dans le dernier épisode. C’est décidé: la guéguerre entre elles est terminée, la tension entre elles s’évanouie pour donner lieu à un rapprochement physique et un baiser attendu de longue date par les fans. Leur histoire peut enfin véritablement démarrer. Mais voilà, une dizaine de minutes plus tard, Villanelle est... tuée.

De quoi suscité la colère des fans qui ont pointé du doigt “le trope” (un schéma scénaristique qui se répète) du “Bury your gays” qui touche notamment les personnages LGBT en les tuant. C’est une critique qui avait notamment été formulé à l’encontre de la série The 100, où le personnage de Lexa meurt immédiatement après avoir couché avec sa partenaire pour la première fois,

“Un scénario vraiment subversif aurait défié le trope qui veut que les amants de même sexe dans les séries télévisées n’aient droit qu’à la plus éphémère des relations”, dénonce Luke Jennings. Il ajoute: “Cela n’aurait-il pas été plus sombrement satisfaisant et fidèle à Killing Eve, pour ce couple, de s’en aller au soleil couchant ensemble? Attention spoiler: c’est comme ça que je l’avais imaginé en écrivant mes livres.”

(Photo: BBC America)
(Photo: BBC America)

(Photo: BBC America)

Ce n’est pas la première fois que la série est sujette à critiques. En 2019, déjà, Killing Eve avait été accusée de “queerbating”, c’est-à-dire d’appâter la communauté LGBT+. Il s’agit d’une pratique utilisée par les producteurs et scénaristes pour attirer l’attention d’une audience queer via des allusions, blagues faisant croire qu’une relation non-hétérosexuelle pourrait avoir lieu. Mais bien souvent c’est la déception.

“Villanelle sera de retour”

Entre désir et haine, il a en effet longtemps été difficile de dire quels rapports liaient les deux femmes embarquées dans un jeu du chat et de la souris ambiguë. La tension érotique entre les deux personnages avait d’ailleurs atteint son paroxysme à la fin de la première saison. Allongées sur un lit, Eve confiait à Villanelle penser tout le temps à elle.

D’après Luke Jennings, “les producteurs ont souvent tendance à croire que les fans de séries télé sont des gens grincheux et bizarres”, “mais pour de nombreux jeunes qui mènent une vie difficile et isolée, une série comme Killing Eve peut être une vraie bouée de sauvetage”.

Luke Jennings dit avoir appris en avance comment se conclurait le show. “Je me doutais, à juste titre, que les fans seraient mécontents. Mais à ces fans, j’ai envie de leur dire ceci: Villanelle est en vie. Et par écrit, si ce n’est pas à l’écran, elle sera de retour”, promet l’écrivain.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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