Même après sa mort, le roi Constantin II continue de diviser les Grecs

Efsyn

Au lendemain des funérailles de Constantin II, dernier roi de Grèce, le quotidien de gauche Efsyn répond à sa une du 17 janvier à l’événement. “Le peuple a choisi en 1974”, titre le journal, en référence au référendum abolissant la monarchie en Grèce. En pleine page, le dessin d’un enfant urinant dans la couronne royale, caricature datant de 1974 abondamment reprise ces derniers jours dans le pays.

Constantin II, décédé le 10 janvier à l’âge de 82 ans, fut particulièrement contesté pour son indulgence à l’égard du coup d’État militaire en 1967, marquant le début de la dictature des colonels (1967-1974).

Face à son règne controversé et son refus d’accepter la fin de la monarchie, le gouvernement conservateur avait décidé de ne pas accorder d’hommage national au roi déchu.

Mais près de 3 000 personnes s’étaient réunies lundi matin devant la cathédrale d’Athènes pour rendre hommage au défunt monarque, dont le règne a duré dix ans (1964-1974), et se recueillir sur son cercueil.

“Pages les plus sombres du siècle passé”

“Les nostalgiques de la monarchie tout droit sortis des pages les plus sombres du siècle passé ont donné le ton”, décrit Efsyn.

Plusieurs personnalités et monarques européens ont assisté aux cérémonies diffusées dans les médias et notamment sur la télévision publique grecque ERT. “Une provocation à la volonté et à la mémoire de l’immense majorité des Grecs”, tance le quotidien de gauche.

Avec de l’argent public, au cœur d’Athènes, en direct de la télévision publique, l’enterrement n’avait rien d’un “événement privé”.

Parmi les personnalités politiques en exercice, le ministre de l’Intérieur, Makis Voridis, et la ministre de la Culture, Lina Mendoni, étaient également présents.

Kitsch et falsification de l’histoire

“Le traitement de la monarchie comme une telenovela lui ôte tout caractère politique et idéologique. On en fait un spectacle, peu esthétique mais facilement consommable”, critique le journal d’opposition. “Kitsch, glamour et falsification de l’histoire”, résume Efsyn.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :