Métier : cuisinier et entrepreneur en zone tendue

Gunter Völker est un chef cuisinier allemand de 58 ans originaire de Thuringe. Mais il est surtout un globe-trotteur, explique Der Spiegel qui l’a déjà rencontré en 2013 et publie aujourd’hui son portrait. Pendant près de quinze ans, Gunter Völker a travaillé comme chef dans l’armée allemande et a été envoyé à Sarajevo et au Kosovo. C’est dans ces zones de conflit qu’il a eu son idée d’entreprise : “l’hospitalité allemande dans des endroits inconfortables”. En quittant l’armée en 2003, il a ouvert son premier restaurant à Kaboul, en Afghanistan, puis un deuxième à Erbil, en Irak. Les deux établissements misaient complètement sur l’identité allemande. Il vit désormais dans le sud du Sri Lanka, à Hikkaduwa, où son nouveau restaurant propose un mélange de spécialités allemandes et locales. Certes, le Sri Lanka n’est plus une zone de conflit, puisque la guerre civile a pris fin en 2009, mais l’île est en proie à une très grave crise économique, et l’électricité comme les médicaments manquent. Et justement, c’est ici que Gunter Völker se sent utile.

C’est à Erbil qu’il a rencontré des serveurs sri-lankais. Il les a formés et les a ensuite embauchés au Sri Lanka, après avoir revendu son restaurant en Irak à un de ses salariés. Aujourd’hui, le Captain Gunni’s, nom de son restaurant à Hikkaduwa est très largement géré par les employés, qui se répartissent eux-mêmes les services.

Partout où il vit, Gunter Völker se mobilise pour aider les autres : en Irak, il a cofondé l’association Liberal Refugee Aid, distribue de la nourriture au Sri Lanka, vient en aide aux réfugiés et aux personnes âgés à Bad Tabarz, sa ville natale en Allemagne, où il était de retour au début de la pandémie.

“L’Allemagne n’est plus le pays dans lequel j’aimerais vivre”, explique-t-il au Spiegel. Il veut vieillir et mourir au Sri Lanka. “Il a même fait des plans pour ses obsèques : ses cendres doivent être jetées ‘dans une boîte’ dans l’océan Indien”, rapporte le site allemand. Lui qui a voyagé toute sa vie envisage même sa mort comme un périple.

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