"Méthodes d'intimidation": la maire de Rennes dénonce une action de policiers devant chez elle

C.Bo.
·2 min de lecture
La maire socialiste de Rennes Nathalie Appéré, le 29 novembre 2019 à Rennes  - Damien MEYER © 2019 AFP
La maire socialiste de Rennes Nathalie Appéré, le 29 novembre 2019 à Rennes - Damien MEYER © 2019 AFP

La maire PS de Rennes Nathalie Appéré a dénoncé vendredi des "méthodes d'intimidation" après une action de policiers venus demander dans la nuit devant son domicile une amélioration de leurs conditions de travail, accusant le syndicat Alliance, lequel dit ne pas être à l'origine de l'action.

"La nuit dernière, un groupe de policiers en uniforme, se réclamant de votre organisation syndicale est venu 'manifester' sous les fenêtres de mon domicile familial, au volant de véhicules de service toutes sirènes hurlantes", écrit l'édile dans une lettre au syndicat Alliance Police nationale.

"Ces méthodes d'intimidation ne sont pas admissibles dans une démocratie", souligne-t-elle, rappelant que la police nationale et ses agents sont "une force au service de l'ordre républicain".

Après cette action, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, "a demandé un rapport au DGPN (directeur général de la police nationale) et que des sanctions soient prises", a indiqué son entourage à l'Agence France-Presse (AFP).

"Les gardiens de la paix sont d'indispensables garants de la sécurité des citoyens. Les comportements que j'ai observés (jeudi) soir n'en sont pas dignes", assène la maire de la capitale bretonne, dans son courrier au secrétaire départemental d'Alliance, Frédéric Gallet.

Selon "une règle simple" pour "mener à bien une action syndicale", Nathalie Appéré rappelle que "les revendications visant à améliorer les conditions de travail (...) doivent s'exprimer en direction de l'employeur. Le vôtre est le ministère de l'Intérieur".

"Votre mode d'action ne manquera pas d'interpeller"

Selon le quotidien Ouest-France, une trentaine de fonctionnaire ont manifesté jeudi vers 23H00 dans le quartier sud-gare et selon l'édile de Rennes, citant les revendications exprimées dans la presse, les policiers étaient venus réclamer des abonnements de transports gratuits pour usage personnel.

Nathalie Appéré s'est dite "très surprise" de découvrir cette revendication et a invité les fonctionnaires à "porter cette revendication à (leur) ministre de tutelle" et rappelé que l'exploitant du réseau Kéolis Rennes met déjà 60 cartes de transports à disposition du commissariat.

"Dans le contexte anxiogène de cette année 2020, et alors même que la relation entre la population et sa police est malmenée, votre mode d'action ne manquera pas d'interpeller", estime l'élue qui assure ne pas avoir "pour habitude de (se) laisser intimider" et souligne qu'il est "parfaitement inutile de renouveler ce genre d'opération".

Le secrétaire départemental d'Alliance, Frédéric Gallet, a déclaré vendredi ne pas être au courant de cette action. "Alliance n'a rien à voir avec ce qu'il s'est passé. Je n'étais pas présent. Mme Appéré se trompe de cible", a-t-il dit.

Article original publié sur BFMTV.com