Cette méthode de recrutement de profs fait hurler la gauche et les syndicats

À Versailles, 2000 postes de contractuels sont à pourvoir d'ici la rentrée prochaine via la méthode du job dating pour devenir enseignant dans l'Éducation nationale. (Photo: via Associated Press)
À Versailles, 2000 postes de contractuels sont à pourvoir d'ici la rentrée prochaine via la méthode du job dating pour devenir enseignant dans l'Éducation nationale. (Photo: via Associated Press)

À Versailles, 2000 postes de contractuels sont à pourvoir d'ici la rentrée prochaine via la méthode du job dating pour devenir enseignant dans l'Éducation nationale. (Photo: via Associated Press)

ÉDUCATION NATIONALE - Devenir professeur des écoles en 30 minutes, est-ce réellement possible? Oui selon l’Académie de Versailles, comme l’atteste un reportage de France 2 diffusé au Journal télévisé de 13 heures ce lundi 30 mai. Face à la pénurie de personnel dans l’Éducation nationale, l’Académie réalise depuis lundi un “job dating” en partenariat avec Pôle Emploi, avec à la clé, un contrat d’un an renouvelable comme professeur contractuel.

Comme on peut le voir dans le reportage, seul un bac +3 suffit pour tenter sa chance: en reconversion ou en recherche d’emploi, tous les candidats passent un entretien d’une trentaine de minutes, sur le même principe que le “speed dating” amoureux, pour tenter de décrocher l’un des 2000 postes à pourvoir d’ici la rentrée. Une initiative déjà expérimentée à Toulouse ou à Poitiers et qui avait déjà fait polémique alors.

Précarisation et baisse de niveau 

Car cette méthode d’embauche est dénoncée les principaux syndicats, pour qui la pratique renforce la précarisation des métiers de l’enseignement. Le SNES-FSU, dénonce “un pitoyable écran de fumée” qui “contribue à précariser toujours plus nos métiers et à brader le service public”. Le syndicat majoritaire dans les collèges et lycées de France demande plutôt une “revalorisation sans contrepartie” comme principale exigence face à la crise de recrutement dans l’Éducation nationale.

“Enseignant c’est un métier, ça s’apprend”, s’est vivement emportée Guislaine David, co-secrétaire et porte parole du syndicat d’enseignants SNUipp-FSU.

En réaction à ce même reportage, le groupe de parents ”Écoles et Familles oubliées” fondé suite à la pandémie de Covid-19 s’est insurgé de cette méthode: “En tant que parents, nous sommes indignés et en colère”. Le groupe réunissant des parents et des familles d’élèves scolarisés de la maternelle au lycée ont également interpellé la Première ministre, Élisabeth Borne, et Emmanuel Macron sur Twitter.

La gauche s’enflamme à l’approche des législatives

Hormis les parents d’élèves et les syndicats, la scène politique s’est également emparée du sujet “job dating” avec la même colère, surtout à gauche.

Pour le maire socialiste de Montpellier Michaël Delafosse, par ailleurs professeur d’Histoire et de géographie, le job dating pour professeur est un “symptôme de la dépréciation d’un métier qui perd en attractivité”. Le maire affirme aussi son attachement aux méthodes traditionnelles de recrutements dans ce secteur: les concours.

À l’approche des élections législatives, la France Insoumise a également donné de la voix contre ces recrutements hasardeux. De Mathilde Panot à Adrien Quatennens en passant par Sarah Legrain ou Antoine Leaument, tous n’attendent qu’une chose: remporter les législatives pour reprendre la main sur l’éducation nationale et en finir avec la “startup nation jusque dans l’école”, comme l’écrit la députée insoumise du Val-de-Marne, Mathilde Panot, sur Twitter.

Le député de la Somme François Ruffin s’est même essayé à une comparaison avec le milieu médical pour rendre compte du recrutement de ses “fast profs”.

“Vous feriez confiance, vous, à un type recruté en “job dating” pour remplacer un chirurgien et vous faire une opération du rein ? Non ? Eh bien, pourtant, on va le faire pour nos enfants”, s’est-il emporté à la vue de ce reportage.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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