Des mésanges contre le paludisme

Après avoir ratissé les collines de Valsaín, dans la province de Ségovie, une équipe de scientifiques du Conseil supérieur espagnol de recherches scientifiques (CSIC) a découvert qu’une espèce d’oiseau, la mésange bleue, possédait un mécanisme immunologique qui permet à son organisme de lutter contre des parasites semblables à celui du paludisme. “Durant cette étude, nous avons capturé dans les forêts de Valsaín des dizaines de spécimens de mésange bleue, une espèce qui présente des taux élevés d’infection par ces parasites non transmissibles à l’homme”, explique Santiago Merino, l’un des chercheurs.
Si l’on confirmait la présence de ce mécanisme chez d’autres vertébrés – dont d’homme –, cela permettrait la mise au point de thérapies pour diminuer la contamination par le parasite du paludisme. Cette étude, publiée en mai dans la revue Parasitology, montre une relation entre le taux d’anticorps chez cet oiseau et la présence d’une forme particulière d’infection parasitaire : l’invasion multiple.
En temps normal, dans le cas du paludisme, les globules rouges ne sont contaminés que par un seul parasite à la fois, mais, dans certains cas, on trouve plusieurs de ces protozoaires [organismes unicellulaires microscopiques] dans une même cellule – phénomène que l’on appelle invasion multiple et qui limite grandement l’infection. Comme l’a expliqué Josué Martínez de la Puente, l’étude “confirme l’hypothèse selon laquelle les invasions multiples peuvent être provoquées par une réaction immunitaire de l’animal. Elles constitueraient donc un mécanisme défensif visant à lutter contre l’infection et qui éviterait la transmission du parasite.” Jusqu’à présent, seules trois études internationales avaient démontré cette théorie.
Les parasites responsables du paludisme – plus de 200 millions de personnes sont infectées chaque année dans le monde – sont des protozoaires qui se transmettent chez l’homme ou les animaux par la piqûre d’un insecte vecteur, généralement un moustique.
Le mécanisme d’infection de ces parasites est relativement simple, mais son résultat peut être mortel. Une fois que le parasite a contaminé le vertébré hôte, il produit des formes infectieuses qui sont libérées dans la circulation sanguine. C’est en piquant successivement un organisme infecté et un organisme sain que l’insecte vecteur contribue à la propagation de la maladie.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles