"Dans la mémoire de Chantal Thomas", la chronique de Bernard Pivot

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Si vous aimez la littérature qui court, qui fonce, qui galope, où ça baise, ça cogne, ça défouraille, ça tire, ça tue, ou si vous goûtez fort les romans où les planètes se font la guerre et sur ces planètes des monstres dotés de pouvoirs magiques ont bien du mal à s’exterminer, si vous êtes des lecteurs de la fureur ou de la démesure, surtout ne vous embarrassez pas du livre de Chantal Thomas De sable et de neige. Ce sont des souvenirs d’enfance écrits dans une langue admirable tout en nuances, en délicatesse, où les mots bien choisis disent la beauté du monde et des sentiments.

Après les chroniques de Café Vivre, voici une nouvelle promenade dans la mémoire sensible, pointilleuse et magnifiquement vivante de Chantal Thomas. C’est un livre qui se lit lentement. Parce que, pour être appréciée à sa hauteur, cette prose à la fois simple et exigeante demande du temps. Du temps et, si possible, le retour du lecteur ou de la lectrice à sa propre enfance. Pour comparer. Pour mieux déguster.

Dans la mémoire de Chantal Thomas, il y a du bric-à-brac

Très vite, on est au bord de l’océan. Le bruit de l’océan. La violence de l’océan. Sur le bassin d’Arcachon. On imaginait à tort que les souvenirs de sable et d’eau d’une écrivaine aussi originale que Chantal Thomas ne pouvaient avoir pour cadre qu’un petit port de la côte atlantique, modeste, inconnu. Eh bien, non, Arcachon! Et quand la famille, deux ou trois fois par été, quittait la ville balnéa...


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