Mélenchon mise sur sa "marche" pour raviver sa campagne

par Marine Pennetier
A un mois de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon espère faire de sa "marche pour la 6e République", organisée samedi à Paris, une démonstration de force après une première partie de campagne éclipsée par l'affaire Fillon et le faux suspense autour d'un ticket commun avec Benoît Hamon. /Photo prise le 27 février 2017/REUTERS/Régis Duvignau

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - A un mois de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon espère faire de sa "marche pour la 6e République", organisée samedi à Paris, une démonstration de force après une première partie de campagne éclipsée par l'affaire Fillon et le faux suspense autour d'un ticket commun avec Benoît Hamon.

Cinq ans jour pour jour après sa "prise de la Bastille", qui avait rassemblé en 2012 plusieurs dizaines de milliers de personnes, le candidat de "La France insoumise" prononcera cette fois-ci un discours place de la République.

"Pour nous, c'est clairement le début d'une nouvelle phase pour notre campagne", souligne Manuel Bompard, directeur de la campagne du co-fondateur du Parti de Gauche.

Jean-Luc Mélenchon, qui a reçu le soutien en novembre du PCF et refusé de participer à la primaire organisée par le PS, est crédité d'environ 11% des intentions de vote dans les sondages.

L'eurodéputé, qui avait créé la surprise en 2012 en s'imposant comme le quatrième homme, reste devancé par Benoît Hamon (Parti socialiste), François Fillon (Les Républicains), Emmanuel Macron (En Marche!) et Marine Le Pen (Front national).

Mais c'est sans compter, souligne-t-on dans son entourage, le nombre d'électeurs indécis. Selon un sondage Odoxa publié fin février, plus d'un électeur sur deux ne sait pas encore pour qui il va voter le 23 avril prochain.

Prévue de longue date, la marche arrive à point nommé, quelques jours seulement après la mise en examen de François Fillon dans une affaire d'emplois fictifs présumés, se félicite-t-on au sein de "La France insoumise".

"Cette marche a pour nous l'objectif d'être une démonstration de force, pour une revendication, celle d'une Ve République", ajoute Manuel Bompard en référence au "climat politique qui est quand même monopolisé par les affaires".

SÉCURITÉ

Pierre angulaire du programme de Jean-Luc Mélenchon, l'instauration d'une nouvelle République passe par la mise en place d'une Assemblée constituante, avec un seul objectif : tourner la page de la "tyrannie de l'oligarchie financière et de la caste qui est à son service".

Pour y parvenir, Jean-Luc Mélenchon préconise notamment la création d'un droit de révoquer un élu en cours de mandat par référendum ou encore l'inéligibilité à vie de toute personne condamnée pour corruption.

Le cortège, qui partira de Bastille à 14h, sera placé sous haute sécurité compte tenu de l'état d'urgence toujours en vigueur. Quelque 300 bénévoles assureront le service d'ordre du rassemblement - dont le coût est estimé à 200.000 euros - et l'accès à la place de la République fera l'objet de contrôles.

Sans se risquer à évoquer un chiffre précis de participation, l'équipe de campagne indique que l'objectif sera rempli s'ils font "place comble".

"Evidemment le nombre est un enjeu", souligne Jean-Luc Mélenchon, dont la chaîne Youtube est suivie par plus de 200.000 personnes et dont le site compte plus de 280.000 inscrits.

Malgré les crispations de ces dernières semaines qui ont vu l'eurodéputé accuser les communistes de geler les parrainages en sa faveur, le secrétaire national du PCF Pierre Laurent devrait être présent dans le carré de tête de la marche, aux côtés d'autres personnalités politiques et de la société civile.

Une consigne a été donnée aux partis politiques et syndicats participants de "ne pas s'approprier la marche et par conséquent de ne pas la submerger de drapeaux partidaires".

"Ceux qui veulent défiler derrière leurs drapeaux défileront à la fin du cortège", a prévenu Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite que cette "grande marche appartienne à tout le monde".

Le lendemain, Benoît Hamon, avec qui Jean-Luc Mélenchon n'est pas parvenu à se mettre d'accord sur une candidature commune à gauche, tentera lui aussi de marquer des points, lors d'un grand meeting de Bercy, sur fond de tentation Macron.

(Edité par Yves Clarisse)

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